[réponse] par Signo 2026-08-04 19:29:56 |
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1. Ce que vous ne comprenez pas, c’est qu’un rite n’est pas comparable à un simple vêtement interchangeable avec un autre. Un rite traditionnel est véritablement l’incarnation dans une culture donnée de la vérité évangélique. Or un corps, une incarnation donnée, ne sont pas interchangeables et ne peuvent pas faire l’objet de bouleversements radicaux (c’est bien pour cette raison que les opérations transgenres sont une monstruosité et aboutissent souvent à des échecs et à des suicides). La réalité est qu’un rite traditionnel contient en lui-même une information théologique essentielle, il transmet aux fidèles, par le biais du symbolisme sacré et sur un plan intuitif, la substance même de la révélation évangélique, c’est à dire la vérité divine enseignée par le Sauveur, leur ouvrant ainsi la voie à la déification. C’est pour cette raison que toutes les Églises apostoliques ont toujours eu à cœur de conserver soigneusement dans toute leur intégrité les rites liturgiques reçus par Tradition, permettant des développements mais jamais des reconstructions artificielles ou des ruptures.
2. Votre deuxième point est intéressant parce qu’il montre qu’au fond sous prétexte d’obéir à l’Autorité vous êtes un intégriste qui rejette les enseignements du concile Vatican II. C’est la caractéristique essentielle des pseudo « conservateurs »: pour justifier leurs oukases ils sont bien obligés de se réfugier dans le double discours, se montrant toujours plus conciliants et inclusifs vis à vis des formes modernes d’œcuménisme ad extra, tout en brandissant l’exclusivisme pré-conciliaire dans toute sa sévérité uniquement quand il s’agit des catholiques traditionnels ou traditionalistes. Il faudrait savoir… comme disait Chesterton, « «Le monde s’est divisé entre conservateurs et progressistes. L’affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L’affaire des conservateurs est d’éviter que les erreurs ne soient corrigées.»
Mais j’en reviens à la question que vous posez dans votre 2e point: quel bien spirituel pour ceux qui sont de fait séparés du corps ecclésial ? Il me semble que la meilleure réponse que l’on puisse vous faire est celle de S. Augustin, qui écrit dans le chapitre VI de son traité De vera Religionis:
Souvent, la divine Providence permet que, victimes des agitations séditieuses excitées par des hommes charnels, les Justes mêmes soient exclus de l’Assemblée des chrétiens. Si ces Justes supportent sans esprit de schisme, sans ébranler la paix de l’Eglise, sans susciter les divisions, cette injustice et cette ignominie, ils enseignent par leur attitude aux hommes avec quel amour sincère et quelle affection véritable il faut servir Dieu. Leur but est de revenir dès que la tempête est apaisée; et s’ils ne le peuvent pas parce que la même tempête persévère, ou devient encore plus violente, ils gardent néanmoins dans leur cœur la charité envers ceux même dont ils souffrent l’injustice; et ils défendent jusqu’à la mort par leur témoignage la foi qu’ils savent être prêchée constamment dans l’Eglise catholique. Dieu leur prépare dans le secret la récompense à leur patience.
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