Pour ce que j'ai lu à ce sujet, le Nonce passait pour être un "rigide" au sens de François par Luc Perrin 2026-01-07 11:41:30 |
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le Nonce Roncalli avait la réputation d'être à la fois un homme d'esprit, on rapporte des bons mots à son propos, mais surtout d'être proche des milieux les plus romains au sein de l'Église de France.
Lors de ma thèse, j'avais eu le témoignage et des documents montrant que l'équipe de Saint-Séverin - la paroisse parisienne "de pointe" en matière liturgique et qui avait beaucoup de rayonnement - s'était fait rabrouer : le curé et ses confrères pensaient que leur rencontre avec le Nonce peu avant en était la cause directe.
Peut-être se trompaient ils mais sur ce que l'on sait du "traditionalisme" liturgique roncallien par la suite, l'hypothèse est plus que plausible.
Il est aussi établi sur pièces (travail de Paul Airiau en 1995) que la nonciature a obtenu une subvention de Rome pour la création de ... La Pensée catholique. La revue se voulait être le clairon du catholicisme intransigeant et intégral et ses fondateurs, l'abbé puis Mgr Lusseau et l'abbé Berto, les abbés Roul et Luc Lefèvre, sont par la suite auxiliaires de la Minorité conciliaire.
L'inspirateur et plus de la revue n'est autre que Mgr Beaussart, auxiliaire de Paris, personnage complexe qui a évolué dans le temps vers une intransigeance nette ; il est un des très rares évêques mis à l'écart en 1945 pour "maréchalisme". Or c'est lui que Roncalli prend pour confesseur à Paris !
Il me semble que le Nonce a fréquenté soit Solesmes soit Fontgombault de mémoire.
Enfin il est quasiment certain qu'avant son départ de France, il a préparé le dossier d'accusation à l'égard des prêtres-ouvriers, décision de suspension qui est annoncée en 1953 pour effet en 1954.
Les évêques français impliqués dans la "Mission ouvrière" en janvier 1959 croient pouvoir faire rouvrir le dossier et élargir les permissions concédées par Pie XII en 1954. C'est l'inverse qui se produit au grand désarroi du milieu "missionnaire" français.
Le cardinal de Lille - Achille Liénart - est particulièrement affecté et comme humilié par la réponse négative romaine. Cet épisode est possiblement en arrière-plan de sa hargne contre la Curie lors de Vatican II. Pas que lui puisqu'une vingtaine d'évêques étaient impliqués dans la démarche et l'élaboration d'un nouveau statut mûrement pensé.
Bref je ne sais pas à quoi songeait notre ami Nemo et la mention faite m'a laissé perplexe.
ps. on comprend pourquoi en 1958 l'élection de Jean XXIII est plutôt bien vue dans les secteurs qui sont dits "intégristes" en France. L'abbé de Nantes jubile.
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