Signo a fort bien cadré la question par Luc Perrin 2026-01-03 11:49:09 |
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je partage votre réserve envers les "santo subito" ou un peu différés des papes contemporains pour la raison, in fine, qu'ils sont papes. La remarque de Me Parfu est aussi pertinente.
C'est un des nombreux paradoxes de l'Église qui prétend - c'est un masque - synodaliser en synodalisant en rond, que d'un côté on (théologiens, militants, évêques, néo jésuites etc.) crie haro sur le baudet du "papisme" centralisateur et "autoritaire" (ça dépend pour quoi et vis-à-vis de qui), et que de l'autre on verse dans la papimanie la plus frénétique que même le Bienheureux Pie IX en 1870 n'aurait pas imaginée.
Les contingences humaines dans les procès de béatification-canonisation sont bien connues et établies par les historiens. Pour avoir été un minuscule rouage dans une procédure, j'ai pu vérifier cela in vivo. Les congrégations religieuses le savent bien.
Il y a bien des obstacles - l'argent n'est pas et de loin le plus important - avant qu'une cause, aussi juste et évidente soit elle, ne puisse aboutir. Le décès prématuré d'un promoteur peut suffire à encalminer parfois pour très longtemps un dossier.
L'aboutissement de bien des causes est presque un miracle en soi au vu des efforts à déployer sur le long terme.
Quand on passe aux Souverains Pontifes, "l'hommerie" est visible, trop visible. La béatification-canonisation de Jean XXIII est on ne peut plus politique : Paul VI avait introduit les causes de Pie XII et de Jean XXIII conjointement, l'École de Bologne en a fait un cheval de bataille, pour Paul VI lui-même moins en cour à Bologne, le but était le même.
Pour en revenir à la suggestion de Franciscus qui met l'accent sur l'apport théologique de Joseph Ratzinger, plus encore qu'en tant que Benoît XVI, d'aucuns diront qu'il est équivalent à un Karl Rahner, Yves Congar, Hans Urs von Balthasar, de Lubac et j'en passe.
Mieux vaudrait que tous ceux-là ne soient pas érigés en modèles de la pensée théologique, à mon très humble avis.
Il est sûr que le style Ratzinger-Benoît XVI est infiniment supérieur à Bergoglio-François, plus dense que celui de Jean Paul II très prolixe, de là à en faire un autre François de Sales, Liguori ou Thomas d'Aquin, il y a plus qu'un pas que, personnellement, je ne franchirai pas.
La médiocrité dans laquelle nous baignons ne doit pas peser à l'excès sur notre échelle de valeur : c'est l'ancien enseignant qui parle et se souvient du dilemme au moment de noter.
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