Un exemple de latinisation qui a enrichi les catholiques orientaux par Candidus 2025-10-09 21:55:39 |
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Je n'oublierai jamais la visite que j'ai faite d'une église orthodoxe roumaine avec le prêtre de la paroisse comme guide. Tous ses commentaires et explications étaient intéressants et édifiants, puis il m'a conduit derrière l'iconostase, et soudain, il a placé sous mon nez une patène sur laquelle se trouvait le pain consacré en me disant : "Et voici le pain eucharistique pour les malades". Ses paroles n'étaient accompagnées d'aucun signe d'adoration ni même de respect, c'était comme s'il m'avait présenté n'importe quel pain de boulangerie. L'explication de cette attitude est assez simple : les Orthodoxes n'ont jamais développé la dévotion eucharistique en dehors de la Sainte Liturgie. Ils sont tout à fait étrangers à nos pratiques d'adoration, de bénédiction, de procession du Très Saint Sacrement. Pour eux, l'Eucharistie est avant tout, voire uniquement l'objet de la Communion, de la manducation, il ne fallait donc pas voir dans le comportement de ce prêtre un manque de foi surnaturelle.
Une scène identique n'aurait pas pu avoir lieu dans une église grecque catholique. La raison ? La latinisation a aidé les prêtres et fidèles de cette Eglise à prendre conscience d'une autre dimension de l'Eucharistie ; celle d'objet d'adoration. Il faut intégrer ces aspects positifs lorsqu'on traite de la latinisation qui a aussi été un enrichissement pour ces communautés.
Ces influences de la latinité sur l'Orient byzantin sont d'autant plus les bienvenues que celui-ci a souffert de sa séparation d'avec Rome pendant plusieurs siècles.
N'oublions pas que les Eglises d'Orient ne sont pas sorties totalement indemnes des siècles durant lesquels elles ont été coupées de la communion romaine ; le meilleur exemple est l'existence d'un clergé marié qui, quels que soient les efforts fait par les uns et par les autres pour le justifier, demeure la résultante d'un abus qui avec le temps s'est institutionnalisé.
Cette latinisation possède d'ailleurs son pendant dans l'Eglise latine. Nous aussi avons bénéficié d'une byzantinisation, le meilleur exemple étant la diffusion de l'iconographie orientale en Occident. Il ne vient pourtant à l'idée de personne de condamner ce phénomène. On pourrait aussi parler de la vogue des chants d'inspiration orthodoxe. Le Pater de Korsakov n'est-il pas magnifique ? Qui s'offusque de l'entendre dans une cérémonie latine ? A partir du moment où elles constituent un enrichissement, pourquoi déplorer ces hybridations ?
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