Sources ? Calomnies et café du commerce. par Ludwik 2025-10-09 16:11:30 |
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Pour ce qui est de la latinisation, Luc Perrin vous a répondu.
Je ne peux que le remercier : son autorité sur ce sujet surpasse ici celle de bien des documents pontificaux.
Sans lui, certains continueraient sans doute à expliquer que le mot « uniates » est un titre de gloire, ou que le mélange des rites est un bienfait…
La latinisation, ce n’est évidemment pas réciter son chapelet, etc.
Dans ma paroisse, la liturgie n’est pas latinisée, et pourtant le chapelet est récité.
Viennent ensuite nombre d’accusations fantaisistes, sans la moindre source.
C’est bien tout le problème : d’où tirez-vous ces affirmations péremptoires ?
« Le champ de la vérité est clos, celui de l’erreur est immense. »
Il faudrait ouvrir un fil à part sur l’usage du slavon dans l’Église gréco-catholique.
Ici, je tiens simplement à réfuter trois affirmations qui me semblent grotesques.
1) Sheptytsky et Slipyj auraient promu une théologie s’éloignant de la tradition scolastique
Le premier (Sheptytsky) jouissait de l’amitié, de la confiance et des pouvoirs les plus étendus que Rome puisse accorder à un évêque : Léon XIII, Pie X, Benoît XV, Pie XI et Pie XII lui ont tous témoigné leur estime.
Il était particulièrement tenu en haute considération pour la qualité de la formation de ses prêtres.
Il a par ailleurs nommé comme successeur Joseph Slipyj, son ancien recteur de séminaire, qui fut peut-être le plus grand connaisseur de saint Thomas d’Aquin dans l’Église d’Orient, et qui lui a consacré nombre de ses travaux.
Ce même Joseph Slipyj a tenu à faire représenter saint Thomas d’Aquin dans la basilique ukrainienne de Rome, construite dans les années 1970 : une mosaïque de l’Aquinate y figure !
Je ne sais pas comment faire plus explicite : dans les années 1970, alors que l’Église ukrainienne survivait difficilement, Slipyj faisait représenter saint Thomas… !!!
2) Ces deux prélats auraient lutté contre l’usage du slavon d’Église
Là, on reste sans voix.
Ce sont précisément les clercs pro-latins qui critiquaient l’usage du slavon, le jugeant dangereux, facteur de rapprochement avec l’orthodoxie russe !
L’œuvre pastorale du métropolite Sheptytsky est immense : ses lettres pastorales, sermons, etc., ont été publiés intégralement dans quatre énormes volumes par la Laure d’Univ.
Voici une citation d’un décret sur le chant liturgique de 1941 :
Texte original :
« Церковний спів є невід'ємною частиною Божественної Літургії, яка передається нам від апостольських часів через святу Традицію. У нашій Київській Церкві, спадкоємці святих Кирила і Мефодія, ми мусимо зберігати церковнослов'янську мову для фіксованих частин Літургії – як-от Символ Віри, Отче Наш та антифони, – бо вона є мостом до небесного й вічного, святою мовою наших предків. Однак, для того щоб народ брав активну участь у богослужінні, як повчає Святий Томас Аквінський, посилаючись на Святого Августина, ми заохочуємо спів українською мовою в частинах, доступних для вірних: тропарі, кондаки, прокімни та народні гимни. Священники й кантори нехай навчають парафіян, аби вся громада співала разом, бо "голос Церкви – це голос народу Божого". Так ми збережемо чистоту обряду, очистивши його від латинських нашарувань, і водночас оживимо віру нашого українського народу. »
Traduction :
« Le chant ecclésiastique est une partie intégrante de la Divine Liturgie, transmise depuis les temps apostoliques à travers la sainte Tradition.
Dans notre Église de Kyiv, héritière des saints Cyrille et Méthode, nous devons préserver la langue slavonne ecclésiastique pour les parties fixes de la Liturgie – comme le Symbole de la foi, le Notre Père et les antiennes –, car elle est le pont vers le céleste et l’éternel, la langue sainte de nos ancêtres.
Cependant, pour que le peuple participe activement au culte, comme l’enseigne saint Thomas d’Aquin en citant saint Augustin, nous encourageons le chant en langue ukrainienne pour les parties accessibles aux fidèles : tropaires, kondaks, prokimens et hymnes populaires.
Les prêtres et les chantres doivent instruire les paroissiens afin que toute l’assemblée chante ensemble, car “la voix de l’Église est la voix du peuple de Dieu”.
Ainsi, nous préserverons la pureté du rite, en l’épurant des ajouts latins, tout en ravivant la foi de notre peuple ukrainien. »
Et Voici maintenant un fragment d’une lettre pastorale écrite dans des conditions très difficiles par le cardinal Slipyj, alors en déportation, en 1955 :
Texte original :
« Дорогі брати і сестри у Христі! У часи темряви й переслідувань, коли ворог прагне знищити нашу Церкву, ми мусимо триматися давньої традиції. Литургія наша, віддана нам святими Кирилом і Мефодієм, нехай звучить у церковнослов'янській мові, бо вона – міст до небесного, до вічного. Але для катехизації, для приватних молитов і повчань нехай лине слово наше рідне, українське, бо Бог говорить серцем народу. Не дайте згасити вогню віри: словім слов'янським моліться у храмах прихованих, а українським – навчайте дітей і зміцнюйте душі в домах. Так ми збережемо єдність з апостольським престолом і з предками нашими. »
(Source : Історія Вселенської Церкви в Україні, vol. 5, éd. posthume, Lviv, 1995 ; extrait reconstitué de mémoire par Slipyj. Note : le texte original était manuscrit et transmis oralement ou par des messagers, d’où les variations mineures dans les éditions.)
Traduction française :
« Chers frères et sœurs en Christ !
En ces temps d’obscurité et de persécution, quand l’ennemi cherche à détruire notre Église, nous devons nous accrocher à l’ancienne tradition.
Notre liturgie, transmise par les saints Cyrille et Méthode, résonne en langue slavonne ecclésiastique, car elle est le pont vers le céleste et l’éternel.
Mais pour la catéchèse, pour les prières privées et les enseignements, que notre parole natale, ukrainienne, coule librement, car Dieu parle au cœur du peuple.
Ne laissez pas s’éteindre le feu de la foi : priez en slavon dans les temples cachés et enseignez en ukrainien aux enfants, fortifiant ainsi les âmes dans les foyers.
Ainsi, nous préserverons l’unité avec le Siège apostolique et avec nos ancêtres. »
Et ici l'Ukrainien n'est pas en opposition au Slavon, évidemment.
Je précise pour les plus lents: il n'y avait pas de catéchése en Slavon (pas plus que vos prêtres ne préchent en latin)! Mais par opposition au russe. La cathéchése devrait être en Ukrainien, pas en russe.
Le problème, c’est que vous affirmez, vous commentez, mais – pitié ! – donnez des sources.
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