Sur ce point vous avez raison par Signo 2025-02-18 11:57:30 |
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On a parfois l’impression que l’adhésion à Vatican II (ou plus précisément, à une interprétation rupturiste de Vatican II) est plus importante que l’adhésion à la foi catholique elle-même.
Un évêque peut nier l’historicité de la Résurrection, affirmer que la réforme de Luther a été inspirée par le Saint Esprit, affirmer qu’il « faut se défaire de l’idée que nous devons évangéliser », tout cela ne pose aucun problème, seule l’adhésion à une certaine interprétation de Vatican II aurait un caractère absolu et obligatoire.
Mais précisément, la réponse à ces contradictions -dont je reconnais la gravité- ne réside pas dans un refus en bloc des enseignements conciliaires: au nom de quoi un catholique pourrait-il refuser un enseignement de l’ensemble du collège des évêques de toute l’Eglise universelle réunis en concile œcuménique, approuvé solennellement par le pape et qui contient peut-être certaines ambiguïtés regrettables, mais aucune hérésie formelle? Vous voyez bien qu’une telle attitude nous met en porte à faux vis à vis de la hiérarchie et de tous les autres catholiques (même non progressistes), et vient renforcer l’argumentaire développé dans Traditionis Custodes en empoisonnant la question liturgique et la question doctrinale.
Or il suffit de lire attentivement le concile pour condamner en son nom la totalité des dérives liturgiques, doctrinales et ecclésiologiques depuis soixante ans. Il suffit de voir les multiples contradictions entre la pastorale et la synodalité actuelles et les enseignements conciliaires sur la liturgie, le rôle de l’épiscopat, la religion catholique comme « unique vraie religion », le rôle de S. Thomas dans la formation sacerdotale, etc.
Il faut prendre garde à un élément essentiel : le catholique qui se veut fidèle se bat d’abord pour l’orthodoxie de la foi, pas d’abord contre le Concile. Il ne faut pas se tromper de combat. S’il est possible de rester un catholique orthodoxe en intégrant les enseignements conciliaires interprétés à la lumière de toute la Tradition (j’ai bien dit toute la Tradition : pas seulement ce qu’était devenu la théologie entre Trente et Pie XII), ce que même Mgr Lefebvre admettait, alors la question du Concile doit nécessairement passer au second plan. Du reste, je pense que l’on peut développer une critique constructive et respectueuse de certains passages ambigus de certains textes, ce qu’il est d’ailleurs possible de faire pour tous les conciles de l’histoire de l’Eglise sans pour autant tomber dans une attitude schismatique.
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