L'Abbé Claude Barthe et la question de l'autorité par Marco Antonio 2025-02-17 10:48:11 |
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L'Abbé Claude Barthe a récemment écrit (cfr. https://www.resnovae.fr/maintenir-les-sacrements-traditionnels/) :
« Ne pas recevoir la messe et la liturgie données comme catholiques par l’autorité de l’Église est en soi inconcevable puisqu’elle agit ce faisant dans son domaine propre de compétence, celui de l’enseignement et de la sanctification. Sauf si, dans la situation exceptionnelle où nous nous trouvons, ceux qui sont en charge de l’autorité promulguent des lois qui ne sont pas vraiment des lois. Car, les pasteurs de l’Église, de même qu’ils ont émis à Vatican II un enseignement « simplement pastoral », ont voulu une nouvelle manière d’entendre le culte divin plus ou moins informelle : [...]. Cette abstention mystérieuse [promulguer des lois qui ne sont pas vraiment des lois] de ceux qui ont l’autorité de dire la foi et qui n’en usent pas est le nœud de la mystérieuse crise de l’Église depuis un demi-siècle. Mais si la nouvelle liturgie n’est pas structurée comme une vraie loi, elle se veut cependant très contraignante. La nouvelle liturgie s’impose à la manière d’une idéologie ».
Ces mots me frappent beaucoup, parce que le degré de clarté avec lequel l'Abbé Barthe expose la question de la désobéissance (« Ne pas recevoir la messe et la liturgie données comme catholiques par l’autorité de l’Église est en soi inconcevable puisqu’elle agit ce faisant dans son domaine propre de compétence, celui de l’enseignement et de la sanctification. Sauf si ... ») évoque la question antécédente, bien plus importante et profonde, étroitement liée, de l'existence même de l'autorité (la nature de l’Église est-elle compatible avec le fait que l’Église puisse donner aux fidèles quelque chose de nuisible à la foi ?) avec une impétuosité si intense qu'il déplait qu'elle n'est pas abordée par la suite, pas même approximativement.
L'auteur, bien sûr, semble résoudre cette dernière question par l'affirmative, car les arguments qu'il avance en faveur de la désobéissance à une autorité qui promulgue des choses « gravement inéquitables » en matière de foi ou contraires à la « profession de foi » supposent une réponse affirmative à la question de la compatibilité entre la nature de l'Église et une telle promulgation.
Dans l'article en parole la désobéissance semble être justifiée comme ça:
- par rapport à Vatican II, avec l'argument que son enseignement est « simplement pastoral »;
- par rapport à la liturgie, avec l'argument que les lois promulguées « ne sont pas vraiment des lois ».
Et bien:
- si l'Église enseigne des choses de manière simplement pastorale, c'est toujours l'Église qui les enseigne;
- et, quant à la liturgie, ce n'est pas « la relativité d'une loi » à faire que ce qu'il est disposé avec cet acte n'est pas disposé par l'Église.
La question de l'autorité demeure donc sans réponse. Les motivations pour lesquelles l'Abbé Barthe croit qu'il est possible à l'Église, essentiellement sainte et apostolique, de promulguer des choses « gravement inéquitables » en matière de foi et et d’agir de manière à générer « un devoir moral grave, qui relève en dernière analyse de la profession de foi », ne sont pas données ici.
Est-ce que quelqu'un sait si l'Abbé Barthe les a données ailleurs ?
Marco Antonio
PS: Au cas où j'aurais mal compris l'article de l'Abbé Barthe (notamment en estimant que les lois et les enseignements dont il parle sont, pour lui, nuisibles à la foi et non pas simplement moins bons que ceux du passé), je m'en excuse par avance.
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