Argumentation faible par Signo 2025-02-17 15:48:50 |
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Ce n’est pas parce que le Concile a une orientation globalement pastorale et qu’il ne définit aucun dogme nouveau, qu’il s’agit d’un concile à 100% pastoral.
Sur les quatre constitutions promulguées, deux sont explicitement dogmatiques (dénommées comme telles et l’étant de fait par les sujets qu’elles traitent: Dei Verbum et Lumen Gentium), une est doctrinalo-disciplinaire (Sacrosanctum Concilium), la dernière est pastorale (Gaudium et spes).
Les constitutions dogmatiques requièrent l’adhésion de tout fidèle et relèvent du Magistère. Cela tombent bien, elles ne posent aucun problème théologique ou doctrinal pour qui sait les lire sans œillères déformantes.
Les autres peuvent faire l’objet de discussions et de réserves, avec toutefois une lecture a priori bienveillante puisqu’elles restent des actes de l’Eglise.
Tous les autres textes sont de nature disciplinaire (donc à mettre en œuvre sans toutefois à être acceptées de manière absolue) ou simplement déclarative (donc aucun caractère contraignant).
Il est donc absurde de prendre le concile comme un bloc compact à accepter ou à rejeter. Il faut distinguer les différents textes en fonction de leur degré d’autorité qui diffère d’un texte a l’autre. Et ne pas oublier que Mgr Lefebvre, qui avait signé la plupart des textes, avait déclaré qu’il acceptait l’idée que le concile devait être lu à la lumière de la Tradition, et que Mgr Fellay avait également déclaré que 95% des textes conciliaires étaient acceptables.
Ensuite il est fondamental de disjoindre la question du Concile de celle de la réforme liturgique de 1969. Ce sont deux réalités bien différentes. Tous ceux qui ont étudié sérieusement la question mettent en doute la fidélité de cette réforme avec ce qu’avait demandé Sacrosanctum Concilium. A l’époque on présentait le missel intermédiaire de 1965 (= missel de S. Pie V avec quelques aménagements limités) comme l’aboutissement du désir de réforme conciliaire. Le missel de 1969 est un saut en avant qui de facto fait sortir la messe de la tradition organique du rite romain, ce que ne souhaitaient pas les Pères conciliaires.
Ensuite il faut distinguer le missel de 1969 en lui-même et sa mise en œuvre.
Le missel en lui-même est orthodoxe et exempt d’erreurs, même s’il affaiblit sur certains points la puissance catéchétique de la liturgie. Mais surtout, il constitue une rupture grave avec la tradition liturgique romaine, et à ce titre il débouche nécessairement sur une nouvelle liturgie, artificielle, fabriquée. Comme le reconnaissait le P. Gélineau, pourtant à la pointe de la réforme:
“Que ceux qui, comme moi, ont connu et chanté une messe solennelle grégorienne en latin s’en souviennent, s’ils le peuvent. Qu’ils la comparent avec la messe que nous avons maintenant. Non seulement les paroles, les mélodies et certains gestes sont différents mais, à dire la vérité, il s’agit d’une liturgie différente de la messe. Ceci doit être dit sans ambiguïté : le rite romain tel que nous l’avons connu n’existe plus : il est détruit”.
In. Joseph GELINEAU, Demain la Liturgie, Paris 1976, p. 10.
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