Vous écrivez:
Naturalisme, rationalisme, triomphalisme, rubricisme et maintenant marcionisme, on commence à se demander de quelles tares le catholicisme de l'époque moderne n'est pas affligé.
Réponse: aucune. Vous avez pour une fois bien résumé ma pensée: le christianisme moderne est affligé de toutes ces tares, et de beaucoup d’autres encore (on pourrait rajouter le sentimentalisme, le juridisme, le sacramentalisme, etc). C’est ce christianisme profondément rétréci, appauvri, vidé de son contenu, qui explique que l’Eglise se soit effondré à un niveau dramatiquement bas et que les idéologies anti chrétiennes et anti traditionnelles triomphent partout.
Je vous confirme que la Réforme catholique a relégué l’office divin au second plan. La Compagnie de Jésus, fer de lance de la Contre-Réforme et du catholicisme moderne, a été l’un des premiers ordres à abandonner l’office choral chanté solennellement en communauté. Vous me parlez du bréviaire pour me contredire, alors que précisément cette obligation témoigne de cette relégation : car réciter son bréviaire mentalement en privé est une expérience radicalement différente que de chanter l’Office en communauté. C’était un premier pas. La Révolution allait achever de détruire des chapitres de chanoines qui chantaient l’office dans les cathédrales et collégiales. Le nouveau catholicisme restauré à partir du Concordat puis à la Restauration ne rétablira pas ce chant de l’Office. Il est vrai que ce dernier était déjà depuis longtemps tombé en désuétude puisqu’à la fin de l’Ancien Régime de nombreux chanoines payaient des remplaçants pour s’acquitter du chant de l’office à leur place.
Je n’ai pas dit qu’un néo-marcionisme latent avait triomphé depuis la Renaissance mais depuis le concile Vatican II, comme en témoigne la suppression des psaumes imprécatoires de l’office, sur décision de Paul VI au moment du passage à la langue vernaculaire fin des années 1960/début des années 1970. D’où la mentalité de « christianisme de bisounours », hors sol, irénique, sans profondeur humaine, sans réalisme humain, un christianisme superficiel (d’où les notions de haine, de violence, de péché, combat spirituel sont absentes) qui règne dans l’Eglise officielle (surtout dans les milieux bourgeois Paul VI style « Famille chrétienne ») et qui a contaminé jusqu’aux milieux tradis.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel.
Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici.
D'avance, merci !