à partir de mon expérience, voici ma contribution aux questions raides de Signo par Luc Perrin 2023-10-03 10:16:45 |
|
Imprimer |
Tout d'abord, le séminaire "tradi" - j'ai enseigné dans deux - n'est guère différent du séminaire diocésain ordinaire. On y porte la soutane et/ou un habit religieux quand il dépend d'un institut, on y observe la coutume des lectures à table sauf Deo gratias accordé (assez régulièrement), les horaires communautaires y sont plus tenus qu'ailleurs (à vérifier) comme le silence après complies.
Pour avoir séjourné quelques jours à Solesmes pour le besoin de mes recherches et dans une société de prêtres bretons, c'était à peu près identique.
Pour la FSSP, les sorties libres existent une fois par semaine et lors de deux grands week-ends dans l'année et ce depuis pas loin de 20 ans.
Le public des séminaristes, venant d'horizons divers en effet tant par le pays que les parcours, n'est pas inerte. Ils posent moult questions plus que mes étudiants laïques d'université en fait et la discussion se poursuit à chacune des nombreuses pauses.
Je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir affaire à des robots formatés et débitant un discours officiel : non les séminaires tradis ne sont ni TF1, France Télévision ni BFM-TV et moins encore LCI ou la communication experte en mensonges du ministère de la "Santé" français etc.
Pour preuve, il y a un "turn over" : comme ailleurs, certains ne restent pas ou changent pour un autre institut ou pour du clergé NOM ou pour la vie laïque. On m'a indiqué que c'était identique à la FSSPX. J'ai personnellement connu des cas de partants, de leur plein gré.
Bien sûr si on postule pour être franciscain, c'est qu'on a une inclination spéciale pour saint François et la spiritualité franciscaine, idem pour une vocation diocésaine où le candidat a une attache particulière pour le lieu etc. Rien de très surprenant qu'un fidèle tradi qui se sente une vocation se tourne vers ces séminaires.
Globalement, pour ce que je sais d'expérience, les séminaires tradis sont sûrement plus souples que leurs devanciers d'avant la crise de l'Église à partir de 1960 en Occident. Ils me paraissent très proches des séminaires diocésains africains contemporains que j'ai pu voir quant au style de vie et de formation.
Bref dans des régions du globe où les vocations, sans être parfaites il y a des écueils, sont néanmoins plus vivaces et solides que celles qui restent en Occident, en fort déclin.
Est-ce à l'équipe qui perd tout, vocations crédibilité sociale foi, la très décadente Église catholique occidentale "ordinaire" de s'ériger en donneuse de leçon pour l'univers ?
Peut-être serait-il plus sage de se tourner vers les équipes qui gagnent ne pensez-vous pas ?
Quant à la question de l'âge, les séminaires d'aînés ont existé dans l'Église pour les "VT" vocations tardives. Il n'y en a pas, à ma connaissance, dans le petit monde tradi du fait de l'abondance des vocations à l'âge traditionnel <30-35 ans. C'est sans doute une lacune qu'il faudrait combler.
On comprend toutefois assez aisément que la cohabitation dans un lieu de jeunes de la vingtaine avec des hommes mûrs ayant déjà une vie professionnelle et sociale assez longue de 50, 60 ans voire au-delà ne va pas de soi. Cela imposerait des maisons de formation séparées.
Enfin, c'est très pragmatique, on meurt plus vite à 60-65 ans qu'à 28-30 ans. On est moins résistant au plan physique pour des apostolats situés un peu partout dans le monde, on est plus facilement malade avec ou sans injection-poison.
L'investissement fait pour une formation longue et exigeante demande à être "rentabilisé", vilain mot je sais. Ceci dit, sans doute cette question des VT se posera dans un avenir proche du fait du vieillissement de la population occidentale vivier des vocations, que les apports de "clandestins" encouragés dans l'empire OTAN-UE, peu catholiques en général, ne résoudront pas.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|