Pas plus tard que la semaine dernière, une veuve octogénaire depuis une semaine, grande amie et très pieuse, m'a confiée qu'elle fut battue tous les jours jusqu'à ses vingt ans par son père (très chrétien) dans son village, au su de tous, dont le curé.
Idem pour son défunt mari par son père, qui ne m'avait rien confié à cet égard.
Cela se faisait.
Et les mamans étaient soumises, n'avaient rien à dire. Comme les voisins.
Ces familles allaient à la messe tous les dimanches et le curé ou sa gouvernante venait parfois prendre son panier.
Battue et violentée, privée de nourriture, humiliée par les aînées.
Ces blessures sortent en fin de vie. Et cela les a suivis toute une vie.
Dans mon enfance, qui ne remonte pas à la vôtre, une maman de mon village faisait monter son enfant dans le bus scolaire du primaire à coup de martinet un jour sur deux. Personne ne disait rien.
La maîtresse l'a privé de récréation à l'année pendant deux ans, dans l'indifférence générale.
Ce petit ange, mon très cher copain de village, s'est donné la mort un soir chez lui, n'en pouvant plus. Je lui avais appris à servir la messe. Il a eu une messe d'enterrement et c'est bien normal ! Des raides diraient que c'est un motif de scandale. Pour moi, c'est plutôt de dire une messe pour un couturier, le patron de sciences po, l'ancien maire de Montpellier ou tout élu divorcé (mais aussi tout catholique marié qui aurait trompé sa femme, tout en cochant les bonnes cases du marié)...
La maltraitance aux enfants est une de mes hantises, et savoir ce que l'Eglise a couvert, devrait la décrédibiliser à tout jamais, si je n'étais d'Eglise...
Il n'y avait pas une Eglise anté-conciliaire idéale et une autre, post-conciliaire, abominable par nature. Je me lamente tous les jours de la seconde et à chaque village que je traverse, je me demande à quand remonte la dernière messe et la dernière cure occupée... Cela remonte parfois à 1900, pas seulement aux années 70 ou 90 (genre de cartes qu'aucun chercheur n'a jamais fait à ma connaissance à l'échelle de plusieurs diocèses).
Ma voisine octogénaire aussi parle avec moi sur un banc, cela lui fait du bien et comme je suis curieux d'embrasser tous les moeurs ecclésiaux tant qu'il y a des témoins, je prends.
Ces religieuses étaient pour certaines de vraies perverses et les garçons qui ont rendu mères ces filles, eux, dormaient sur leurs deux oreilles. Ma voisine est devenue protestante à sa majorité, puis plus rien.
Certaines anciennes pensionnaires se réveillent dans la presse.
Si je faisais mon Joseph de Maistre (sans être ni sarde ni maçon !), je dirais que l'Irlande qui n'a plus de grands séminaires (dingue !!!) paie les crimes faits aux filles-mères (sic) et aux charniers de foetus et de bébés dans certaines maisons catholiques.
Avant le concile !
Dans les bonnes familles, jusque chez la duchesse de Berry, on allait aux eaux pour accoucher d'un enfant illégitime et on le plaçait... Bel évangile !
Je me méfie des bonnes familles bien propres sur elles et affichant cocher toutes les cases.
Ceux qui ont vu "Ripoux contre ripoux", se souviennent de la scène où le grand Philippe Noiret prouve à son comparse qu'il peut prendre n'importe qui dans la rue, il obtiendra des aveux sur de graves fautes (même un banquier en cravate !).
Il ne faut avoir jamais lu Mauriac ou Balzac, ou une biographie de Chateaubriand (l'un de mes auteurs préférés)..., pour penser que dès l'enfance, la vie droite armée du catéchisme de Mgr Machin est le propre des élus.
Dieu est venu pour la brebis égarée, pas pour celles qui montrent aux autres qu'elles mangent bien au bon râtelier et à la bonne heure, avec une belle serviette brodée par bonne maman.
Cet article du Monde peut être étayé par des documentaires en ligne et des articles longs comme le bras.
Scandale qui n'a pas trop moussé, mais qui était de même gravité que ceux touchant les enfants récemment.
Fils du vent, vous devriez souffler davantage ! J'ai chaud !
orphélinat irlandais fouillé par les anthropologues