Plusieurs points en réponse à votre message par pacem tuam da nobis, Domine 2021-11-17 12:58:27 |
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1. Vous parlez de «330'000 victimes vivantes» et persistez donc à parler de ces “330'000” victimes comme s'il s'agissait de personnes en chair et en os, alors que ce chiffre, pour reprendre une distinction mathématique, n'est pas un nombre: ce n'est rien d'autre qu'une approximation, qu'une estimation globale, une extrapolation hypothétique: ce n'est pas moi qui le dis, c'est la CIASE elle-même qui l'écrit en toutes lettres. Ce qui est en question, c'est justement d'examiner rationnellement le bien-fondé de cette estimation et non pas de l'asserter sur la foi que vous accordez à l'autorité de la CIASE ou de l'INSERM.
Ce faisant, vous commettez une faute de raisonnement bien identifiée, la pétition de principe, et prenez comme démontré l'objet même qui doit l'être. Rhétoriquement, vous créez de la sorte dans l'esprit de votre lecteur un effet de réel très retors, puisqu'il circonvient l'esprit critique du lecteur. Mais, et c'est heureux, les artifices rhétoriques, pour efficaces qu'ils soient, n'ont jamais passé pour des démonstrations.
2. Et puisqu'il s'agit de démonstration, je me permets de recopier ici le raisonnement parfaitement articulé – et, à mes yeux, imparable – de Polydamas, que je remercie au passage, raisonnement auquel il n'a pas été répondu.
Il est probable qu'on ne sache pas tout, mais l'inconnu représente 90% de la réalité ou uniquement 10% ? C'est toute la question. Or, aujourd'hui, vue la publicité donnée au rapport, si on n'en connaissait que 10%, on devrait aujourd'hui constater des afflux importants de nouvelles victimes. Or, ce n'est pas le cas, donc il est probable qu'on ne soit pas très loin du nombre total d'affaires concernant des ados ou des enfants sur les 70 dernières années.
[Le gras est de mon fait.]
Comment sur 70 ans, l'Église aurait pu cacher 3000 cas d'agressions annuelles. Soit 30 cas par diocèse et par an, dans le plus grand silence ?
Je veux dire 216.000 victimes, divisées par 70 ans, puis divisés par 100 diocèses, ce qui donne 30 affaires par an pendant soixante-dix ans? Un diocèse, c'est la taille d'un département français.
Un tel taux d'agressions, avec une telle récurrence et régularité, ne pouvait pas passer aussi longtemps inaperçu même si le rapport explique combien la chape psychologique du silence de la victime additionnée au poids de la chape de silence institutionnelle, pouvait tout bloquer.
On nous dit de prendre au sérieux les chiffres de 3 000 prêtres pédophiles et de 210 000 victimes de ces mêmes prêtres.
Or certains de ces prêtres largement fautifs n'ont fait qu'une ou deux victimes.
Donc pour arriver à une moyenne de soixante-dix il faudrait que certains prédateurs en aient fait quelque cent-quarante, et même plus pour quelques-uns.
Déjà, pour moi, connaissant le clergé et ses habitudes, soixante-dix me paraît quasi impossible : à la rigueur pour un ou deux de ces personnages, peut-être, mais pas pour toute une population (en termes statistiques). A plus forte raison cent-quarante ou plus…
[Le gras est de mon fait.]
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