Non : il s'agit de l'herméneutique du renouveau dans la continuité. par Scrutator Sapientiæ 2021-07-23 10:51:38 |
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Bonjour Chicoutimi,
Il est extrêmement révélateur que, plus de quinze ans et bientôt seize ans après le discours de Benoît XVI en date du 22 décembre 2005, certains continuent à recourir à cette expression : "l'herméneutique de la continuité", en lieu et place de l'expression employée par Benoît XVI dans son discours : "l'herméneutique de la réforme", c'est-à-dire "l'herméneutique du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise".
On voudrait amputer ou déformer l'interprétation effectuée par Benoît XVI, dans son discours, des causes, du contenu et des effets de la situation actuelle de l'Eglise catholique face au monde contemporain, et de la nature de la réponse de l'Eglise catholique, face au monde contemporain, telle que cette réponse a été apportée, au moment et au moyen du Concile Vatican II, que l'on ne s'y prendrait pas autrement.
Benoît XVI sait bien qu'aucune "herméneutique de la continuité" digne de ce nom n'est sérieusement envisageable entre le Magistère pontifical antérieur à l'annonce du Concile par Jean XXIII et le Concile Vatican II, dans au moins quatre domaines, conciliaires s'il en est, compte tenu de ce qui figure, mais aussi de ce qui ne figure pas dans DH, dans GS, dans NA et dans UR.
L'intérêt de la mise en avant de la notion d'herméneutique de la réforme, ou de la notion d'herméneutique du renouveau dans la continuité, ne réside pas seulement dans le respect consciencieux de l'expression choisie et utilisée par Benoît XVI, mais réside aussi dans celui, REALISTE, de toute une "dialectique" entre la continuité et le renouveau, ou entre la fidélité et l'ouverture, qui caractérise plusieurs textes du Concile, y compris les moins "disruptifs" dans leur contenu.
En fait, il y a une certaine honnêteté intellectuelle dans l'herméneutique du renouveau dans la continuité, même s'il y a aussi une part de voeu pieux, compte tenu du caractère "disruptif" des quatre textes qui sont souvent cités, et compte tenu de ce que les hommes d'Eglise ont fait du Concile, dès l'année 1965-1966.
En revanche, on est en droit de s'interroger sur l'objectivité intellectuelle de tous ceux qui semblent vraiment laisser entendre qu'il est à la fois anormal et dommage que "le pape de l'herméneutique de la continuité" (?!) n'ait pas, entre début 2006 et début 2013, mis ses actes en accord avec son herméneutique (ou plutôt avec celle qu'ils semblent lui attribuer), dans tel ou tel domaine dans lequel le recentrage wojtylien puis ratzingérien a été nécessaire, mais n'a certes pas été suffisant, comme la suite l'a bien montré.
Bonne journée.
Scrutator.
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