Le problème par Eudoxie 2020-04-15 21:33:30 |
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C'est que de nos jours, les constitutions ne sont pas appliquées à l'identique, mais transposées à la réalité de chaque pays, et de chaque réforme. Je n'entrerai pas dans le détail, parce que je ne m'y connais pas, mais certains liseurs avaient fait le point sur la question, c'était intéressant, sur les carmels dont les constitutions datent de 1990, comme celui d'Alençon, et d'autres carmels dont les constitutions sont plus récentes, comme celui d'Ars il me semble, par exemple...
En fait les priorités de Thérèse ont été très édulcorées au XIXème, parce que ce qu'on appelle "le carmel français", une forme de vie carmélitaine spécifique à la France, était d'une grande austérité, et il me semble avoir entendu dire que le carmel espagnol n'était pas aussi austère: l'austérité était devenue la marque de la perfection, un signe de sainteté, or pour la sainte d'Avila, ce n'est pas le tout de la vie monastique, et ça ne pourra jamais être un but en soi, et même, cela ne pourra jamais être la voie privilégiée qui permet de s'unir à Dieu. Rien à voir avec la vision idéale du carmel par Bernanos dans ses Dialogues des Carmélites. Donc en gros, sainte Thérèse était dans un carmel qui en fait, à mon humble avis, n'avait pas grand chose de l'esprit thérésien (celui de la grande Thérèse en effet). Car on a peine à reconnaître dans l'esprit étroit de Mère Marie de Gonzague, et d'autres, cette chaleur, cette douceur, cette perfection, cette maîtrise spirituelle qu'on trouve chez sainte Thérèse d'Avila. C'est un carmel dénaturé que celui dans lequel sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a vécu, à mon humble avis.
Mais il n'empêche que le carmel français (et mondial je pense) est irrémédiablement marqué par la spiritualité de la souffrance de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Si j'admire la sainte, je suis effarée que dans un monastère on puisse se manquer de charité à ce point, négliger ses filles à ce point lorsqu'on est prieure, et laisser mourir ses religieuses du froid sans alléger le poids de la règle en hiver. On ne s'étonne plus que sainte Elizabeth de la Trinité soit morte d'une maladie respiratoire, à l'âge de 26 ans, je crois? Bref, très jeune, et peu après sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. J'admire et prie la Petite Thérèse, mais j'espère que le carmel ne ressemblera plus jamais à ce genre de bagne, tel qu'elle l'a vécu. Bien sûr, la vie religieuse n'est pas faite de douceurs et de facilités, mais de là à mourir de froid à cause de la négligence de la prieure... et ces religieuses qui ont osé dire à la mort de sainte Thérèse qu'on n'aurait rien à dire sur elle...quel aveuglement, quand on pense qu'elle a subi depuis l'âge de quinze ans les rigueurs de la vie monastique, et est morte de la tuberculose à l'âge de 24 ans en disant au terme d'intenses souffrances "Mon Dieu, je vous aime"...
Enfin, merci cher Maître pour ces références, je suis d'accord avec Mgr Lefebvre, laisser des jeunes séminaristes et des novices dans le froid, sans égard pour leur vie, ou même pour le strict minimum en terme de "confort", c'est intolérable et incompréhensible.
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