Réponse détaillée pour Paterculus et Meneau par BK 2018-12-07 00:22:20 |
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Pie XII enseigne qu'il faut lire les enseignements passés à la lumière des enseignements magistériels les plus récents, tout en cherchant les racines et les fondements des enseignements les plus récents dans la divine Tradition de l'Église.
Il ne s'agit pas d'examiner la conformité des enseignements les plus récents aux anciens. Pie XII, comme tous ses Prédécesseurs et tous ses Successeurs, enseigne :
1. que cette conformité est certaine, de par l'indéfectible assistance du Christ à Pierre et à ses Successeurs, qui garantit la vérité des moindres enseignements du magistère pontifical,
2. que c'est au seul Pontife romain d'enseigner avec une autorité certaine et une grâce suffisante ce qui est vrai et ce qui est faux,
3. que nul ne peut juger le Pontife romain.
Il s'agit donc de lire les enseignements passés à la lumière de la vérité apportée par les enseignements plus récents, et de retrouver dans les enseignements les plus récents les racines et les fondements des développements plus récents.
Il y a ainsi, enseigne Pie XII, une véritable lumière et une lumière véritable à retirer des enseignements les plus récents, qui illumine les enseignements plus anciens.
Cherche à juger de la conformité d'un enseignement du magistère avec un autre est donc s'arroger une prérogative confiée à Pierre seul et à ses seuls Successeurs, et, du point de vue psychologique et spirituel, se refermer sur ses seules lumières, refusant d'entendre le Christ parlant réellement et en vérité par Pierre.
L'idée que 'le magistère est toujours vrai car ce qui est faux ne saurait être magistériel' est une transposition indue au magistère de l'eccclésiologie de l'Église sainte, constituée de pécheurs. Transposition indue qui était celle des protestants.
La logique catholique du magistère est différente : assistance indéfectible du Christ et vérité certaine du magistère.
Par ailleurs, le développement rigoureusement homogène de la doctrine (non pas seulement du dogme) sous la conduite du magistère se fait non seulement par précision ou par développement, mais aussi par amplification et même progrès, car, enseigne Pie XII, le magistère dégage dans le temps ce qui était professé implicitement depuis toujours par l'Église : il y a un passage de l'implicite et inconscient à l'explicite et conscient.
Il y a donc une nouveauté non dans le contenu, intégralement conforme et identique au Dépôt révélé, mais dans la conscience de l'Église militante et de ses fidèles, qui découvre ce qui jusque-là n'était qu'implicitement professé - et qui peut surprendre tel fidèle, car il n'est pas infaillible ni inerrant ni omniscient.
Ceci étant posé, avec Pie XII, venons-en à Amoris Laetitia.
Dans cette exhortation apostolique, et dans la note des évêques argentins qu'en réponse aux Dubia le pape François a formellement intégrée à son magistère authentique, le pape François avec l'assistance du Christ, l'autorité et le charisme de Vérité qu'il reçoit de lui, fait entendre la Voix du Christ, et enseigne l'Église.
Là où Jean-Paul II avait suivi la logique propre des principes moraux (après avoir repris à son fondement la doctrine de Saint Thomas, et, en particulier remis en lumière le rôle irremplaçable de la prudence face aux excès de la casuistique), le pape François a suivi la logique propre de l'accompagnement des personnes.
Les deux logiques, les deux perspectives sont justes, et partielles (comme tous nos discours et constructions intellectuels), et elles doivent et peuvent coïncider, grâce à l'indéfectible assistance du Christ au magistère des papes.
Intégralement fidèle à Jean-Paul II et Saint Thomas (et même à Aristote), le pape François se refuse à rentrer dans une perspective casuiste : il mentionne explicitement l'existence d'exceptions que Jean-Paul II, tout en donnant le principes qui y menaient, avait passée sous silence.
Et pour ne pas entrer dans la casuistique, il ne donne pas de cas.
Si donc on cherche quelle lumière nouvelle apporte à Amoris Laetitia, elle est à chercher du côté de ces principes et même normes d'accompagnement, qui sont présentés avec beaucoup de finesse et de prudence.
Et là, clairement, il y a quelque chose qui n'était pas traité avec autant de détails par Jean-Paul II et Benoît XVI, qui avaient développé d'autres points, dans une perspective différente.
Partir du haut (la Justice éternelle et les principes moraux qui en découlent), ou du bas (la Miséricorde éternelle, et l'infinie délicatesse, prévenance et finesse qui l'accompagnent), doit conduire au même Christ, réellement connu par les enseignements de Ses Vicaires.
Il n'empêche qu'il y a également des traîtres qui ne cherchent qu'à vider de leur sens les enseignements de tel ou tel pape.
Mais la Vérité nous rend libres, et elle est connue par le ministère du Vicaire du Christ.
Faut-il risquer un cas ? J'en ai déjà posé un plusieurs fois, sans réponses aucune.
- Situations de désordre enraciné (concubinage more uxorio, éventuellement avec enfants ; vieille haine de famille recuite sur des décennies, avec des actes graves dont les conséquences perdurent encore aujourd'hui)
- remords, contrition et désir de changer de vie (se marier si on ne l'était pas, vivre en frère et sœur si on avait reçu le sacrement de mariage ; désir de pardonner et d'être pardonné par sa famille)
- graves difficultés à changer hic et nunc (refus du concubin de se marier ou de vivre en frère et sœur, crainte d'une rupture pour les enfants de ce lit ; désir de pardonner et d'être pardonné, mais difficultés à prendre concrètement et immédiatement les moyens de se réconcilier et de réparer totalement, désir au moins de ne pas aggraver le mal).
Absolution ou pas ?
Je rappelle que la doctrine catholique enseigne explicitement, depuis le concile de Trente, que la matière grave ne suffit pas à la constitution d'un péché mortel, qu'il faut en outre nécessairement la pleine conscience, volonté et liberté.
Et qu'il semblerait qu'il n'y a pas de motif à refuser la Communion à qui n'est coupable que de péché véniel.
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