"A l'encontre de ses prédécesseurs"...ou pas ! par Scrutator Sapientiæ 2017-01-27 07:48:36 |
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Bonjour et merci, Limousin.
1. Tout d'abord, je précise que je n'ai rien contre Gérard Leclerc, en particulier, et que je suis convaincu qu'à lui aussi il arrive sûrement de résister à la tentation de s'en remettre à ce règlement en trois articles :
"Article 1 : le Pape a raison.
Article 2 : le Pape a TOUJOURS raison et a raison PARTOUT, même quand il change d'avis, se contredit, ou contredit, oh pardon : "actualise" ou "dépasse", explicitement ou implicitement, l'un de ses prédécesseurs, etc.
Article 3 : en cas de doute sur le bien-fondé de l'Article 1, il convient de se reporter à l'Article 2."
2. Ensuite, je cite cette phrase de Gérard Leclerc :
"Ainsi, on explique que François, à l’encontre de ses prédécesseurs, accepterait le monde moderne dans sa trajectoire actuelle, accompagnant ses évolutions sans vouloir les contrecarrer."
Deux réflexions me viennent à l'esprit.
3. D'une part, accepter est une chose, approuver en est une autre. Je veux dire par là que nous sommes bien obligés d'accepter certaines composantes du monde moderne, dans sa trajectoire actuelle, notamment certaines composantes matérielles ou techniques, mais aussi que nous ne sommes pas obligés d'approuver, pour le dire ainsi, certains fondements ou contenus, certains principes ou pratiques, certains idéaux, objectifs, ou "valeurs", caractéristiques du monde moderne, dans sa trajectoire actuelle.
4. Donc, en ce sens, le Pape François accepte certaines composantes du monde moderne, dans sa trajectoire actuelle, et ce n'est pas à l'encontre, mais à la suite de ses prédécesseurs qu'il accepte certaines modalités du monde moderne, dans sa trajectoire actuelle.
5. Cela ne signifie pas que cette acceptation équivaut à une approbation, mais cela signifie que sa démarche consiste notamment à accompagner ses évolutions sans vouloir les contrecarrer d'une manière qui serait "diabolisatrice" ou "incriminatrice" du monde moderne dans sa totalité.
6. Il me semble vraiment que "le problème de fond" porte notamment sur le mode d'accompagnement : dans l'ensemble, de Jean XXIII à Benoît XVI, nous avons eu droit à de "l'intégralisme personnaliste", parfois "contra-positionnel" ad extra, alors que, depuis l'élection du Pape François, nous avons droit, par endroits, par moments, à de "l'inclusivisme périphériste", parfois "proxi-positionnel" ad extra, qui risque de tendre vers "l'ouverture de nouveaux droits" pour telle "minorité" ou "périphérie", voire vers la "(re)fermeture" de certains droits (liturgiques ?) actuels, au sein de l'Eglise catholique.
7. S'il y a bien un domaine dans lequel l'impression que l'on est en présence d'une certaine continuité, entre Jean-Paul II, Benoît XVI, et François, semble vraiment légitime, c'est celui de la conception et de la pratique des réflexions sur les religions non chrétiennes et des relations avec les croyants non chrétiens : dans ce domaine, il est possible de dire que le Pape François va parfois "encore plus loin" que ses deux prédécesseurs, mais il est impossible de dire qu'il va souvent dans la direction opposée à celle de ses deux prédécesseurs.
A. Pas plus que ses deux prédécesseurs, le Pape François, en tout cas pour l'instant, n'a le courage et la franchise de rappeler fermement et fréquemment, ad intra ET ad extra,
- que ceux qui ne sont pas trompés, en matière religieuse...ne sont pas trompés, en matière religieuse, ce qui ne signifie pas qu'ils ne commettent jamais d'erreurs par ailleurs,
et
- que ceux qui sont trompés, en matière religieuse...sont trompés, en matière religieuse, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne commettent que des erreurs par ailleurs.
B. Pas plus que ses deux prédécesseurs, le Pape François, en tout cas pour l'instant, n'a le courage et la franchise de préciser, fermement et fréquemment, ad intra ET ad extra :
- oui, bien sûr, à l'annonce de Jésus-Christ, Fils unique du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit,
- oui, bien sûr, à la conversion vers Jésus-Christ, seul Médiateur et Rédempteur, seul Seigneur et Sauveur,
- oui, bien sûr à l'abandon (non contraint ni forcé !), libérateur et responsabilisant, des conceptions, convictions, croyances, doctrines, principes, pratiques, à caractère religieux ou non, qui ont vraiment tendance à maintenir dans l'éloignement à l'égard de Jésus-Christ ou dans l'opposition vis-à-vis de Jésus-Christ,
- donc non, bien sûr, à telle conception et à telle pratique actuellement dominantes du dialogue interreligieux, à telle conception et à telle pratique actuellement dominantes de la théologie chrétienne des religions non chrétiennes et de la pastorale catholique en direction des croyants non chrétiens,
- donc non, bien sûr,
a) à tout concordisme axiologique immanentiste interreligieux,
b) à toute confédération ou conformisation interreligieuse,
c) au confusionnisme et au consensualisme interreligieux,
d) au croire-ensemblisme vivre-ensembliste interreligieux,
e) à tout "oecuménisme interreligieux",
f) à toute approche située au croisement d'un "pléromisme" et d'un "pluralisme" (inter)religieux.
8. Je vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais j'ai mal formulé ou si jamais j'ai tort de formuler ce qui précède, et je vous remercie pour toute réflexion ou suggestion.
Bonne journée.
Scrutator.
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