Réponse à Exocet par Balbula 2016-06-13 03:04:22 |
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Pour poursuivre et terminer notre petite discussion sur le chant grégorien, je vous reviens avec ce qui m'a semblé intéressant dans mes dernières lectures.
Vous affirmez que : « Chanter le Gloria et le Credo en alternance avec les fidèles est une pratique contestable, souvent plutôt calamiteuse dès qu'on sort du Kyriale VIII et du Credo III. » Pourtant, le Motu proprio dont vous vous faites le héraut en ce qui concerne le chant des femmes dit aussi : « Qu’on mette un soin tout particulier à rétablir l’usage du chant grégorien parmi le peuple, afin que de nouveau les fidèles prennent, comme autrefois, une part plus active dans la célébration des offices. »
Pie XII ajoute même : « C'est pourquoi, dans la messe solennelle, la participation des fidèles peut se réaliser en trois degrés :
a) Le premier degré est obtenu quand tous les fidèles donnent en chantant les réponses liturgiques (...).
b) Le second degré est obtenu lorsque tous les fidèles chantent en outre les parties de l'Ordinaire de la messe, à savoir : Kyrie, eleison ; Gloria in excelsis Deo ; Credo ; Sanctus-Benedictus ; Agnus Dei. Il faut faire effort pour que les fidèles sachent chanter ces parties de l'Ordinaire de la messe (...). De cette manière on peut obtenir, ce qui est extrêmement souhaitable, que les chrétiens dans le monde entier, puissent manifester leur foi commune dans la participation active au saint sacrifice de la messe, par un unisson commun et joyeux.
c) Enfin le troisième degré est obtenu lorsque tous les assistants sont tellement exercés au chant grégorien qu'ils peuvent chanter également les parties du Propre. Cette pleine participation au chant doit être poussée surtout dans les communautés religieuses et les séminaires. »
Encyclique Musicae sacrae disciplina : A.A.S. 48 (1956) 16.
Tous les assistants, hommes, femmes ou enfants peuvent donc chanter le Propre et le commun, en autant qu'ils y soient exercés. Vous allez me rétorquer que cette participation active des fidèles, on en a soupé avec la liturgie issue de Vatican II et on a vu à quoi cela a conduit. Très bien, mais ce n'est pas une raison pour ne pas revenir (parce que je suis persuadée qu'elles existaient auparavant) à des pratiques plus populaires du chant religieux (liturgique et autre) et à ce que tous les fidèles chantent. Le chant peut tellement nourrir la vie spirituelle! Empêcher de chanter les louanges de Dieu, c'est comme empêcher l'âme de respirer!
En ce qui concerne le chant liturgique des femmes, je n'ai pas retrouvé la référence dont je parlais, je crois qu'il s'agit d'une collection d'histoire (de la musique, de l'Église ?) publiée entre 1995 et 2000 à moins que ce soit dans Pons, A. (1958). Droit ecclésiastique et musique sacrée. St-Maurice, Suisse: Éditions de l'Œuvre St-Augustin. Quoiqu'il en soit, les textes officiels recueillis par Hanin, A. (1933) (La législation ecclésiastique en matière de musique religieuse Paris: Société de Saint Jean l'Évangéliste) montrent quand même un changement de terminologie : après le Motu proprio de 1903, il n'est plus du tout question de l'« incapacité » des femmes.
Dans la réponse 4231 de la Sacrée Congrégation des rites adressée au diocèse de New-York, le 18 décembre 1908, on lit : « Mens est, ut viri a mulieribus et puellis omnino sint separati, vitato quolibet inconvenienti, et onerata super his Ordinariorum conscientiia. » (Hanin, 1933, p. 94)
Ici encore, la conscience des Ordinaires doit veiller à la correction des mœurs et cela semble être le problème principal. Pourtant, je serais curieuse de savoir s'il y a eu plus de problèmes de mœurs causés par la présence de pieuses femmes dans une chorale que d'homosexualité et de pédophilie dans des chorales d'hommes et de garçons ... En tous cas, de nos jours, la séparation des sexes est loin d'être une garantie de bonnes mœurs, surtout en ce qui concerne les artistes !
La réponse 4210, du 17 janvier 1908 mentionne: « Ubi viri et pueri suam partem convenienter, tamquam Chorus seu Schola cantorum, conferre possunt, mulieres et puellae canentes a reliquo populo non distinguantur, salva separatione virorum a mulieribus, ubi laudabilis hujusmodi servatur consuetudo; et, ubi praesertim officiatura choralis habetur, cantus exclusivus mulierum non admittatur, nisi ex gravi causa, ab Ordinario agnoscenda; et cauto semper ut quaevis inordinatio vitetur.» (Hanin, 1933, p. 92)
Enfin, dans la Constitution Apostolique "Divini cultus " sur la liturgie, le chant grégorien et la musique sacrée (Pie XI, 20 déc. 1928 -- A.A.S., XXI, 1929, 33-41. La traduction française du texte est donnée par Hanin, pp. 58-64.
(texte italien) , Pie XI dit : « Quant aux communautés de religieux, de sœurs et de pieuses femmes, qu'elles s'y [à la musique liturgique] donnent avec zèle dans les différents Instituts où elles ont charge de l'éducation et de l'enseignement. Nous avons également une très grande confiance, pour atteindre ce résultat, dans les sociétés qui, en certaines régions, déférant aux volontés des autorités ecclésiastiques, travaillent à restaurer la musique sacrée selon les règles tracées par l'Église.» (Hanin, p. 63)
Si le pape confie aux religieuses et aux pieuses femmes le soin de l'éducation musicale religieuse, il faut bien qu'elles puissent être compétentes dans le domaine et qu'elles puissent chanter la musique qu'elles doivent transmettre.
Pour finir, je trouve pour le moins curieux, voire ironique, que ce soit une femme (sainte Cécile) qui soit la patronne des chantres et des musiciens d'église ... Vous serez bien obligé, au ciel, d'entendre des voix féminines insipides ...
Union de prières,
Balbula
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