Vous avez raison par Balbula 2016-05-26 14:43:14 |
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sur tous les tableaux. Il est sûr que ce n'est pas l'idéal de mélanger les voix d'hommes et de femmes dans un chœur grégorien et que je préfère aussi l'alternance, mais le même problème se produit si on mélange des voix de garçons et d'hommes. Seulement, quand les hommes ne sont pas assez solides tout seuls, il vaut mieux entendre les voix mélangées que des tas de fausses notes et d'hésitations. Les voix ont tout simplement une octave de différence puisque les voix d'hommes descendent d'une octave à la mue. C'est ce qui fait que les voix de femmes et de garçons percent davantage.
Je ne pense pas qu'au Moyen-Âge et à la Renaissance on était aussi choqué de ce chant en octaves parallèles, puisque les moinillons et les élèves des monastères chantaient avec les moines et qu'on avait institué les castrats pour conserver le timbre aigu des garçons, notamment en Italie. Au contraire, il semble bien d'après les témoignages des contemporains que l'on préférait à l'époque les timbres aigus. De nombreuses pièces de grégorien sont écrites dans un registre aigu (contre-ténor ou soprano), la messe IX par exemple. L'usage des clés n'était pas anodin et rien ne laisse croire que l'on pratiquait la transposition comme on le fait très largement de nos jours, pour rendre les pièces « chantables » pour la moyenne des chantres. La hauteur des registres faisait partie de la « couleur » des pièces, comme le mode. À mon avis, il est souhaitable, pas toujours praticable, de chanter le répertoire sur le ton où il est écrit.
Donc, si le problème ne vient pas de la hauteur des voix, ni du fait que les moniales, comme femmes, sont « capables » de chanter le répertoire liturgique depuis toujours, c'est bien le côté "pince-fesses", pour reprendre votre expression, qui me paraît le seul argument contre le mélange voix d'hommes et de femmes à l'église. C'était un argument très valable dans la mentalité de ces époques, tout comme on n'aurait pas admis le mélange des sexes au travail ou à l'école. Seulement, ce n'est pas très logique avec la pratique de la polyphonie à voix mixtes, en usage depuis plusieurs siècles. Et je pense que, maintenant que le mélange des sexes n'est plus une incongruité partout ailleurs dans la société (je ne dis pas que c'est une excellente chose, mais c'est un fait), qu'on a trois poilus, deux tondus dans une chorale, qu'ils sont mariés et vaccinés, ils peuvent quand même être capables de se tenir, non ?
Je préfère aussi le grégorien a cappella, même si je suis organiste, du moins pour le propre. À ce sujet, le Motu proprio Tra le sollecitudini dit : « Quoique la musique propre de l’Église soit la musique purement vocale, cependant on permet aussi la musique avec l’accompagnement d’orgue. (...) Comme le chant doit toujours primer, l’orgue et les instruments doivent simplement le soutenir, et ne le dominer jamais. » Alors les habitudes françaises d'orgues tonitruants pour accompagner sont un autre exemple de l'esprit gallican et frondeur. ![]()
J'ai commencé à rédiger un texte sur les rédacteurs et inspirateurs du Motu proprio. Je trouve des choses très intéressantes dans mes recherches.
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Balbula
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