Pas contre la Tradition, mais à l'encontre de certaines traditions par Balbula 2016-06-13 01:28:32 |
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En effet, je viens de parcourir les décrets pontificaux et réponses de la Congrégation des rites publiés sur la musique liturgique depuis le Concile de Trente et colligés par Hanin, A. (1933). La législation ecclésiastique en matière de musique religieuse Paris: Société de Saint Jean l'Évangéliste.
Il y est question de l'usage des instruments, des styles musicaux convenables pour l'église, etc. mais à part l'ancien code 1264 du droit canon, il n'est pas question du chant liturgique par les femmes avant le Motu proprio de saint Pie X. Ce code 1264 dit : « Religiosae mulieres, si eisdem liceat, ad normam suarum constitutionum vel legum liturgicarum ac de venia Ordinarii loci, in propria ecclesia aut oratorio canere, tali e loco canant, ubi a populo conspici nequeant. » (Hanin, p. 72)
Cela me paraît en contradiction avec la notion d'« incapacité » des femmes chère à Exocet. En effet, s'il est licite pour des religieuses d'exécuter le chant liturgique, cette soi-disant « incapacité » n'est donc pas une question de sexe, mais d'ambigüité dans les fonctions. Le chantre masculin a été assimilé assez souvent au clergé, on parle même d'un ordre mineur à certaines époques. Mais cela n'a jamais été le cas pour les chantres féminines du Moyen-Âge comme sainte Hildegarde, même si elle allait jusqu'à prêcher au clergé. D'après les récits historiques et populaires, les femmes chantaient autant que les hommes à la messe. Les chœurs mixtes étaient monnaie courante de la Renaissance au XVIIIe siècle. Les chœurs qui ont voulu se conformer aux règles en n'ayant pas de femmes n'ont pas toujours fait mieux. Certains ont fabriqué les castrats et les pratiques pédophiles avec les garçons des maîtrises font malheureusement aussi partie des coulisses de l'histoire de la musique d'église.
La perception de la femme a beaucoup changé au XVIIIe siècle, sans doute à cause des diverses révolutions. Dans le Motu proprio, saint Pie X et ses collaborateurs, ont peut-être pressenti les revendications féministes, voire pour l'ordination des femmes, et ils ont peut-être pensé les prévenir de cette façon. D'autres traditions ont été bousculées d'ailleurs, Nemo a parlé du chant sur le livre, de la coutume d'alterner l'orgue et les versets où, là encore, on voit une certaine ambigüité entre les directives du Cérémonial des évêques et le Motu proprio qui ne disent pas tout à fait la même chose. Le bilan de ce Motu proprio a été certainement positif à court et moyen terme, mais il contenait certains aspects qui ont conduit indirectement à l'élaboration de la messe de Paul VI.
Union de prières,
Balbula
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