L'hypocrisie change de camp, votre analyse est convaincante sur ce point. par le torrentiel 2016-05-02 10:46:48 |
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Et elle rejoint celle de Cath...o sur la manière dont ses enfants ont vécu la reconnaissance de la nullité canonique du mariage de leurs parents. Mais les enfants de cath...o étaient donc accessibles à un niveau de subtilité qui les a faits ne pas se sentir jeter ou rejetés avec l'eau du bain, et en l'espèce avec les conditions non matrimoniales de leurs conception. Reconnaissez que ce n'est pas le cas de tout le monde.
Comment, au vu de notre discussion, le problème se pose-t-il ou comment peut-on déplacer son positionnement?
a) en amont de la célébration du sacrement, il peut y avoir une mauvaise foi de ceux qui le demandent et qui, en quelque sorte, ont tellement besoin de la bénédiction de Dieu et qu'Il vive en tiers dans leur relation, qu'Il bénisse leur amour, qu'ils seraient prêts à prendre des libertés avec la vérité pour Le faire participer à leur histoire.
Ils ne font jamais que ce que Jacob a fait avant eux: ils volent la bénédiction de Dieu. Ils en ont besoin. Ils ne disent pas tout, mentent par omission et font preuve d'hypocrisie par besoin de la bénédiction de Dieu. L'hypocrisie est de leur côté et pas de celui des officialités qui reconnaissent la nullité de leur sacrement de mariage. Qui en reconnaissent la nullité plus qu'elles ne l'annulent, je vous accorde tout cela.
Ces couples qui sont de mauvaise foi pour voler la bénédiction de Dieu n'agissent pas bien, on ne saurait le nier. Mais pourquoi agissent-ils mal? Ils sont conduits à mal agir parce que l'Eglise a assorti le mariage à un cadre très précis dans lequel la majorité des situations individuelles est loin de pouvoir entrer. Si je force un peu l'analogie, il en va du mariage comme du salut: "Qui peut se marier?" "Pour les hommes, c'est impossible, mais rien n'est impossible à Dieu."
La plupart des mariages qui sont célébrés sont nuls, c'est un secret de polichinelle qu'ont éventé certains prêtres à l'occasion du synode sur la famille. Mais il faut que le sacrement soit fait pour l'homme et non l'homme pour le sacrement. Le mariage ne peut pas s'adapter complètement à l'évolution des moeurs, mais il doit en tenir compte dans une mesure raisonnable. Sans compter qu'un couple qui n'entrerait pas dans le cadre qui lui permettrait de se marier n'a, d'après l'Eglise, qu'une alternative, qui est la continence. Saint-Paul a dit lui-même, lorsqu'on croyait que le retour du christ était imminent, qu'"il vaut mieux se marier que brûler". L'Eglise ne peut pas édicter des règles tellement strictes, voire inapplicables, que les fidèles soient amenés à conclure, pour reprendre le langage de Tertullien, que, si telles sont les prescriptions attachées au mariage qu'elles excluent tous les immatures et les irresponsables de toutes sortes(qui peut être vraiment sûr d'être mûr?), les déficients intellectuels, mentaux ou psychiques comme je l'ai dit dans un précédent message, il vaut mieux forniquer que se marier... Cela ne peut pas tenir.
b) Même en acceptant le correctif introduit par dame Glycéra et repris à son compte par Cath...o qu'autre chose est de "déclarer nul" un sacrrement et autre chose d'annuler une réalité humaine qui a par erreur été vécue comme si elle avait été un sacrement, cela n'est pas sans laisser subsister deux problèmes :
-Le premier, qui est rarement évoqué, est que le sacrement est un serment sur la durée, alors que le christ a averti l'insuffisance humaine de ne pas faire de serments. L'homme est incapable de garantir qu'il va pouvoir tenir sur la durée. Il est vrai qu'un sacrement est un serment fait "avec la Grâce de dieu". De plus, le mariage semble être excepté de cette incapacité, puisque le Seigneur demande : "Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni !"
-Déclarer nul (et non annuler) un mariage, c'est dire qu'il n'a pas existé comme mariage. J'entends bien que ce n'est pas la même chose que de dire que l'union n'a pas existé. Mais c'est tout de même la délégitimer au plan sacramentel. Or l'Eglise est une institution qui parie sur l'existence de l'Invisible. Une institution qui parie sur l'existence de l'INvisible peut-elle dénier, même suggestivement, l'existence du visible? Non que le SAcrement soit proprement du visible, mais il rend visible. Car c'est pour rendre l'union visible et légitime qu'on a souhaité se donner le Sacrement du mariage, qui peut ensuite être déclaré nul.
L'eglise qui parie sur l'existence de l'INvisible peut être amenée à dire que ce qui avait paru visible n'avait pas d'existence légitime. L'eglise n'en paraît que plus déconnectée du réel, c'est-à-dire de ce qui existe visiblement. Et cela n'est pas porté à son crédit, non par le monde qui n'est pas là pour l'accréditer, mais par les fidèles qui peuvent penser que, si l'Eglise parie sur l'existence de l'Invisible et ne reconnaît pas ce qui existe visiblement, cela n'augure pas bien de sa lucidité.
J'ai bien conscience que cette remise en cause est profonde et peut passer pour violente sous des dehors acidulés. Mais croyez bien que les arguments que j'avance sont sincères et présentés par quelqu'un qui a la foi faute d'être un bon chrétien, et s'autorise de sa liberté de croyant pour discuter en raison une théologie, qui lui paraît être un trésor sur lequel une certaine élité éclésiale est assise en empêchant les autres d'y entrer ou d'y avoir accès par un excès de juridisme qui fait peu de cas des questions existentielles, alors que la morale chrétienne est existentialiste, est une morale librement appliquée par des pécheurs sauvés en espérance et qui aspirent à être conséquents.
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