Bien sur, je parle d'un Pape qui n'a pas perdu la raison et qui n'est pas atteint de démence, car dans ce cas, il n'exerce plus sa fonction de Vicaire du Christ.
Oui, dans ce cas, il ne serait plus Pape, puisque un fou ou un dément (si cette condition est irréversible) ne peut plus exercer la juridiction et l'exercice légitime de celle-ci est une condition
sine qua non notamment du pontificat suprême.
C'est, pour les canonistes, le troisième cas de Cessation du Pape, après la mort, et la résignation.
Mais il y a aussi le quatrième cas, que vous n'évoquez pas, et semblez refuser, celui de l'hérésie notoire dans le chef de la personne du Pape, où l'opinion la plus commune préconise la Cessation immédiate.
C'est ce 4e cas qu'il convient d'envisager particulièrement, comme d'autres l'ont fait, depuis belle lurette, et non sans raisons fondées.
Mais les raisons accroissent en ces jours, on dirait. Je suppose pour que ceux qui ont la charité de la vérité,
caritatem veritatis dans les paroles de l'Apôtre, soient encore sauvés.
En exemple, un grand classique, Regatillo,
Institutiones Iuris Canonici, I, n. 396, déjà cité ici par J. Daly :
Cessatio.
Cessat R[omanus] Pontifex:
1º Per mortem. [...]
2º Per resignationem. [...]
3º Per amentiam certam et perpetuam, iuxta communem sententiam [...]
4º [...] 5ª (sententia) Ob haeresim publicam, ipso facto. Communior (sententia), quia non esset membrum Ecclesiae, ergo multo minus caput.
Or, ce qui est hérésie publique, et ce qui ne l'est pas, n'est pas sujet à l'arbitre subjectif ou les sensibilités du moment. Les critères pour arriver à une
certitude morale (une autre n'est pas possible actuellement, il faudrait un acte du magistère) à ce sujet, et qui ne saurait s'imposer à la conscience d'autrui, sinon par la force des arguments, ces critères existent, sont avérés et sûrs, maintes fois étudiés et dévelopés.
Une autre chose est que beaucoup n'arrivent pas en conscience à cette certitude morale, beaucoup d'autres même ne se posent pas la question, pour les bonnes ou les mauvaises raisons, de bonne foi, ou de mauvaise, Dieu en est juge.
Mais les faits demeurent et s'imposent, s'imposent davantage, à qui veut voir.
On reconnaît l'arbre à ses fruits.
Relisez par ailleurs ce que vous a répondu l'excellent Vianney.