Je voudrais pouvoir faire la remarque suivante. par Scrutator Sapientiæ 2014-11-13 07:57:31 |
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Bonjour et merci, New Catholic.
1. Le périphérisme n'est pas avant tout calamiteux ni avant tout bénéfique, bien qu'il soit jugé calamiteux par certains et bénéfique par d'autres ; on pourrait même envisager
- qu'il soit jugé calamiteux par certains "progressistes", qui considéreraient que les évêques périphéristes, ou, n'essentialisons pas outre mesure, les évêques qui ont fréquemment un positionnement périphériste, "ne vont pas assez loin", en direction de l'accompagnement inconditionnel, voire de l'approbation inconditionnelle, des périphéries, notamment existentielles,
- qu'il soit jugé bénéfique par certains "intégristes", qui considéreraient qu'avec les mêmes pasteurs périphéristes, ou en tout cas avec les pasteurs qui ont fréquemment un discours et des actes périphéristes, "les choses sont claires", car nous serions en présence vivante, actualisée, amplifiée, du caractère décidément néfaste, nuisible, de l'intention ou des intuitions du Concile.
2. Je crois que si nous voulons, non seulement survivre, mais aussi résister, face au périphérisme, en tant que confusion, à tout le moins potentielle, entre attitude évangélique et attitude humanitaire, ou entre comportement pédagogique et comportement démagogique, nous devons le replacer dans un contexte historique et, si j'ose dire, à la fois "relationnel" et "salvifique".
3. Il a été successivement DECIDE qu'il ne fallait pas, ou qu'il ne fallait plus, combattre ou dénoncer, d'une manière constamment frontale,
- d'abord, le caractère par nature plutôt injuste des politiques non chrétiennes,
- ensuite, le caractère par nature plutôt erroné des religions non chrétiennes,
- enfin, le caractère par nature plutôt contraire à la loi naturelle ou à la Foi surnaturelle des morales non chrétiennes.
4. Dans une certaine (dé)mesure, il a été DECIDE que ce combat constamment frontal, cette dénonciation explicite permanente, faisait plus de mal que de bien, ou risquait de faire plus de mal que de bien, non seulement sur plan des relations de l'Eglise, mais aussi sur celui du salut des âmes. Et il a été DECIDE cela, avec les résultats que l'on connaît et subit depuis que la première de ces trois DECISIONS a été prise.
5. D'un certain point de vue, le Pape François est à la fois un rupturiste et un continuateur ; il se contente de pousser le bouchon plus loin, et de le pousser dans un domaine qui, jusqu'à présent, n'avait pas encore donné lieu, d'une manière aussi radicale, et de la part d'un Souverain pontife, à un positionnement périphériste.
6. D'une certaine manière, et comme je l'ai déjà écrit, le périphérisme est né le jour où des clercs se sont mis à considérer par exemple que c'était quasiment par principe, et non seulement par exception, qu'un non catholique communiste sincère était "probablement" plus en phase avec la volonté de Dieu qu'un catholique anti-communiste convaincu, car, "n'est-ce pas", le communiste sincère est plutôt favorable à la justice sociale, tandis que l'anti-communiste convaincu y est plutôt opposé...
...MAIS AUSSI PARCE QUE LE "PECHE", EN L'OCCURRENCE, N'EST PAS DE NE PAS ETRE CATHOLIQUE, MAIS EST DE SE MOBILISER ET DE S'ORGANISER, D'UNE MANIERE AUDIBLEMENT ET VISIBLEMENT CATHOLIQUE, EXPLICITEMENT ET SPECIFIQUEMENT CONTRE CE QUI S'OPPOSE A JESUS-CHRIST.
7. Dans un certain contexte, celui de la fin des années 1970 et du début des années 1980, on pouvait encore être témoin de ceci : les clercs progressistes n'étaient pas avant tout en colère contre les catholiques qui n'étaient "ni anti-communistes, ni philo-communistes", même si, évidemment, ils déploraient leur absence d'adhésion à leur positionnement "communisant" ; non, ils étaient avant tout en colère contre les catholiques qui étaient explicitement anti-communistes, par principe, notamment parce qu'ils n'hésitaient pas à en rappeler le caractère par nature intrinsèquement pervers.
8. Par ailleurs, c'est une chose de dénoncer les abus, les excès, les anomalies, les imperfections, de la mise en oeuvre des politiques non chrétiennes, des religions non chrétiennes, des morales non chrétiennes, avant tout sur le terrain des entraves à la dignité humaine ou des obstacles à la liberté humaine qui découlent de ces abus ou de ces excès...
...mais c'en est une tout autre de le faire avant tout sur le terrain de la négation ou de l'obstruction des fondements et des principes de ces mêmes politiques, religions, ou morales non chrétiennes, vis-à-vis de la propagation surnaturelle et du rayonnement théologal de la véritable Foi, de la véritable Espérance, de la véritable Charité.
9. Le devoir m'appelle, et je suis donc contraint de m'interrompre, mais je crois avoir dit ce que je considère comme l'essentiel : le positionnement (peut-être pas continuel ni universel) du Pape François dont il est question ici n'est pas avant tout calamiteux, ni avant tout bénéfique, il est avant tout périphériste, et s'il est probable qu'il y a une différence de nature, et non seulement une différence de degré, entre le personnalisme de (certains de) ces prédécesseurs et son propre périphérisme,
- d'une part, il semble vraiment être de ceux qui préfèrent courir le risque de la bienveillance sans vigilance, au lieu d'essayer de / d'exhorter à relever le défi de la bienveillance dans la vigilance,
- d'autre part, il semble vraiment que le fait nouveau soit qu'il coure ce risque sur un terrain sans précédent, mais en un sens, que j'ai essayé d'expliquer, dans le prolongement de positionnements IRENISTES antérieurs, adoptés par (certains de) ses prédécesseurs sur d'autres terrains.
10. J'ai essayé d'être le plus précis et le plus prudent possible ; ce qui précède se veut, comme souvent, un ballon d'essai, et il est tout à fait possible qu'il fasse "pschitt" ; mais la suite me donnera peut-être raison, notamment si jamais il apparaît prochainement que le Pape François recadre ou sanctionne, non avant tout des clercs non périphéristes, mais avant tout des clercs explicitement et spécifiquement anti-périphéristes.
11. Que voulez-vous, nous sommes à la fois témoin et victimes de la triple confusion contemporaine, entre consensus et vérité, entre sympathie et sainteté, et entre sincérité et véracité ; cette triple confusion contemporaine, au sein même de l'Eglise catholique, ne date pas du Pape François ; il me semble vraiment que lui se contente de faire vivre cette triple confusion avec un degré d'intensité et sur un terrain inaccoutumés, quitte à ce qu'il le fasse d'une manière dissensuelle et pas toujours sympathique (je n'ose imaginer qu'il le fasse d'une manière insincère). Mais on peut peut-être rappeler que les évêques, dans leur très grande majorité, n'ont pas priorisé en permanence, depuis au moins ou bientôt trois quarts de siècle, la lutte, surnaturelle et théologale, contre cette triple confusion.
12. Celle-ci est présente en puissance, ne serait-ce qu'en tant que tentation latente, en chacun d'entre nous, mais c'est une chose d'en avoir conscience, de le reconnaître, et de faire preuve de vigilance et de résistance, avant tout intérieures, et c'en est une autre, comme je l'ai déjà écrit, de transformer cette triple confusion EN UNE RENTE DE SITUATION AXIOLOGIQUE.
Bonne journée.
Scrutator.
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