"Les enfants de ce monde se marient, par le torrentiel 2013-11-10 11:40:10 |
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Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. " (Luc 20, 34-35)
Chers liseurs,
Vous l'avez compris, l'Evangile de ce jour, dans le nouveau calendrier liturgique, me fait revenir vers vous pour aborder le mariage chrétien et sa dimension d'ouverture à la fécondité d'un autre point de vue, celui-là même du christ répondant à cette énigme des saducéens -on pourrait dire que la différence entre cette énigme et une parabole se trouve dans l'intention, de piéger (ou de proposer un casse-tête) dans l'énigme, d'enseigner dans la parabole-.
Jésus ne répond pas au piège de l'énigme, sinon par cette parole extrêmement définitive vis-à-vis du mariage, qui est l'une des seules qui puisse faire supposer que l'Homme Jésus soit lié à la tradition ancratiste des Esséniens, mais peu importe.
En passant, cher Meneau, si je vous mettais au défi, en face de cette Parole, de me donner l'interprétation littérale que vous seriez censé devoir en faire, comme vous m'avez mis en demeure de le faire, vous en seriez bien en peine, mais je n'aurai pas cette rosserie un peu gratuite.
Toujours en préambule, je ferai observer que les Pères de l'Eglise se sont proposés semblables énigmes saducéennes pour vérifier la foi dans la résurrection de la chair, comme: Que se passe-t-il en cas de cannibalisme, question traitée dans "La cité de dieu".
Il ressort néanmoins de ce texte:
1. Qu'à tout le moins, le mariage n'est pas une vocation, plutôt un moindre mal. Le Seigneur et Saint-Paul sont ici dans la même ligne de pensée: "mieux vaut se marier que brûler", mais l'idéal est de rester dans l'état où on a rencontré le seigneur, dit Saint-Paul, qui est tout à fait dans le cadre de la conclusion évangélique de l'énigme des saducéens. A ce compte et si tout le monde s'était fait chrétien, hypothèse d'école, on aurait assisté depuis longtemps à l'extinction de la race humaine. Les néo-ancratistes d'aujourd'hui (je vois bien Castille dans cette catégorie de catholiques) pourraient s'en réjouir avec l'écologiste Yves Pacalet qui prophétise dans un de ses livres: "L'humanité disparaîtra, bon débarras".
2. Mais il ressort surtout de la manière dont le Seigneur résout l'énigme des Saducéens que le fait de trouver dans le mariage une voie d'immortalité est le résultat d'une peur charnelle. Littéralement, le chrétien ne devrait plus avoir besoin de cette voie puisque, par le Christ, il est entré dans l'immortalité. Or l'enseignement de l'eglise au sujet du mariage l'ordonne à la fécondité, donc absolutise en quelque sorte cette peur de la mortalité des époux, et l'idée que le mariage est un recours contre cette peur. Un recours au nom de la vie? Certainement pas de la vie éternelle en tout cas.
Comment comprenez-vous cette contradiction?
A vous lire
Le torrentiel
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