La messe déconstruite (3) par N.M. 2013-04-13 17:43:35 |
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Concernant l'acclamation "mysterium fidei", il est vrai que l'on propose trois formules applicables dans les différentes prières eucharistiques. Je m'appuyais sur un missel des fidèles peut-être un peu trop ancien.
Quoi qu'il en soit la formule que je cite pour la prex II existe bel et bien, et elle identifie le "mysterium fidei" avec la manducation, ce qui est pour le moins très malsonnant vis-à-vis du canon 1 du décret tridentin sur le sacrifice de la messe.
Quant aux "aspects mis en lumière" dans les acclamations post-consécratoires du N.O.M., ils occultent en effet ce qu'est la messe, je veux dire le sacrifice de la messe. Il n'y a rien de "forcé" à cela lors même qu'on entend perpétuer le sacrifice de la messe. Mais c'est "forcément" le cas si l'on entend "sacrifier" la messe...
1. En effet, il y a une relation entre la Présence Réelle et le sacrifice. Mais elle n'est pas ce que vous dites. En raison de la première consécration, la Présence Réelle est déjà sacramentellement réalisée, en effet. Mais il n'y a pas encore immolation. Donc il n'y a pas encore sacrifice. Pour reprendre vos termes, la deuxième consécration "parachève" l'"action sacramentelle" ; toutefois elle ne "parachève" pas le sacrifice, elle le réalise. Nuance de taille. C'est bien la Présence qui est pour le Sacrifice.
2. Pardon de me répéter, mais si à la messe le Christ est immolé, toutefois à la messe le Christ ne meurt pas, et il n'est pas livré. Par conséquent l'adjonction de "quod pro vobis tradetur" comme partie prenante de la forme consécratoire est inopportune. Dans la mesure où la forme nouvelle se substitue à l'ancienne, cette substitution relève du contre-sens (ce qui n'est pas le cas dans les rites alexandrins).
3. Oui, l'emploi du futur a en effet pour fin de rappeler le lien entre le sacrifice de la messe et le sacrifice de la croix.
A la messe, il s'agit pour le prêtre ministre du Christ de refaire ce que le Christ lui-même a réalisé lors de la Cène, à savoir offrir le sacrifice de la messe qui est l'application du sacrifice de la croix. Sauf que, lors de la Cène, ce sacrifice d'application se référait à un sacrifice absolu qui était historiquement à venir. D'où l'emploi du futur. Comme le prêtre, ministre du Christ, offre le même sacrifice que le Christ à la Cène (c'est d'ailleurs le Christ qui offre par les mains du prêtre), le prêtre fait la même chose et consacre de la même façon que le Christ. D'où l'emploi du futur, en relation avec le sacrifice de la Croix, postérieur à la Cène.
Mais cela ne change rien au fait qu'à la messe, à la différence de la croix, le Christ n'est pas "livré".
A la croix, le Christ est livré et il y a effusion de son sang. A la messe, il y a mystiquement effusion du même précieux sang (identité substantielle), mais le Christ n'est pas "livré" (l'une des différences accidentelles entre la messe et la croix). C'est pourquoi à la messe le sang est "répandu", au futur parce que la Cène (et donc la messe) est en relation avec l'évènement de la Croix (qui lui confère toute sa réalité). C'est pourquoi en revanche à la messe le corps n'est pas et ne peut pas être "livré" : parce qu'ici la relation n'est pas la même.
Il n'y a donc pas de parallèle possible.
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