quelle confusion ... par Luc Perrin 2012-01-20 23:11:07 |
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Tout est tellement mélangé dans ce que vous écrivez qu'on a vraiment du mal à s'y retrouver : par ex. l'I.B.P. n'est pas la FSSPX. La moitié de votre texte concerne l'I.B.P. créé en 2006, soit 15 (quinze) ans après le décès de Mgr Lefebvre (sans accent au demeurant, pas besoin d'être spécialiste pour le savoir).
Mgr Lefebvre aurait lancé un appel à voter FN en 1985, dîtes-vous. Je maintiens qu'il s'agit d'un faux pas ponctuel qu'il n'a pas publiquement et officiellement réitéré. Faux pas car l'indépendance de la FSSPX par rapport à tout parti politique a été de son vivant et reste après sa mort la ligne directrice, conforme à la doctrine de Pie XI. La prise de distance, dans ses principaux écrits, de Mgr Lefebvre est aussi constante.
Voici un long texte paru dans La Vie en 2009, donc peu suspect de complaisance ni envers la Fraternité saint Pie X ni envers le FN, il vous aidera à remettre votre pendule à l'heure et sortir des clichés un peu trop convenus.
Quant à l'existence d'une branche FN au Texas, en Californie, aux Philippines, Australie etc., j'attends que vous m'informiez. Là pour le coup, c'est un scoop !
Rappelons pour tous que le FN a toujours été un parti laïque, avant même la présidence de Marine Le Pen qui a fortement accentué cet aspect.
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"La plupart des spécialistes de l’extrême droite ne souscrivent pas à cette hypothèse [l'équivalence FSSPX-FN]. « C’est sans doute vrai des dirigeants, pas forcément des fidèles », nuance Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Les sondages montrent que les catholiques pratiquants, y compris les plus traditionnels, votent plutôt moins FN que les autres. Et si, en Belgique, les liens entre l’intégrisme et l’extrême droite s’affichent, en France, les liens sont plus dispersés.
Plusieurs raisons à cela. D’abord, l’extrême division qui marque ces deux familles, aussi bien celle des cathos tradis (divisés entre ralliés de la Fraternité Saint-Pierre, néoralliés du Bon-Pasteur et intégristes de la Fraternité Saint-Pie-X) que celle de la droite nationaliste. Dans ce contexte, se trouver dans la même case au carrefour des deux familles devient hautement improbable ! « D’un point de vue extérieur, leurs positions peuvent ¬sembler très proches ; vu de l’intérieur, ils n’ont rien à voir les uns avec les autres », analyse le sociologue Erwan Lecœur. Constat auquel Jean-Yves Camus ajoute : « Ce sont des univers traversés par de fortes haines intérieures. »
Ensuite, l’arrimage des tradis au Front national n’a pas été exempt d’arrière-pensées tactiques. C’est en 1984 que se noue l’alliance entre Jean-Marie Le Pen, qui veut sortir le FN de son statut groupusculaire, et Bernard Antony, qui vient d’effectuer un court passage au Centre national des indépendants et paysans, fondé par Antoine Pinay. L’année suivante, Le Pen annexe la traditionnelle fête de Jeanne-d’Arc, jusqu’ici apanage des Camelots du roi, branche militante avant-guerre de l’Action française. « Comme Maurras, il a fait le choix du catholicisme par tactique : il faut un ordre social fort que seule la religion catholique, en France, peut incarner. Et Bernard Antony lui a apporté les réseaux qui lui faisaient défaut en province », estime Erwan Lecœur. Mais dans un pays qui se flatte d’être « la fille aînée de l’Église » et où, comme l’explique Jean-Yves Camus, « les cathos ont du mal à assumer la désobéissance », rompre avec Rome aurait fragilisé le schéma de conquête du leader du FN. Même si la fibre personnelle de Bernard Antony est plus intégriste que strictement tradi – l’une des associations qu’il a fondées, Chrétiens solidarité, envoie des jeunes cathos français se battre aux côtés des chrétiens au Liban, au Nicaragua ou en Croatie –, il veut garder de bonnes relations avec le Vatican. Dans cette logique, les dirigeants du FN proches des intégristes – tels Roland Gaucher, François Brigneau, Martine Lehideux ou Bruno Gollnisch – mettent leur sympathie personnelle en sourdine, se contentant d’être des fidèles réguliers de Saint-Nicolas-du-Chardonnet."
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