c'est mon sentiment, rien de plus par Luc Perrin 2012-01-19 15:52:38 |
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J'observais qu'en 2008 une proposition proche avait été faite par le cardinal Castrillon Hoyos et l'issue avait été un durcissement, heureusement temporaire, des relations entre Rome et la FSSPX.
J'ai toujours estimé qu'un processus institutionnalisé était nécessaire, dès la reprise des contacts de 2000-2001. La décision d'ouvrir des discussions au sein d'une instance stable en 2009 m'avait paru très saine et un très grand progrès de méthode.
Même si on ne retient que les 5% de Vatican II vis-à-vis desquels Mgr Fellay s'était déclaré en opposition, les discussions de 2009-2011 n'ont été qu'un inventaire des lieux.
Ce ne sont pas des choses qui se résolvent en un tour de main, quelle que soit l'habileté des mains qui travaillent à la CDF.
Mgr Schneider, qui a aussi marqué une distance critique envers la position de refus global a priori affichée par certains parmi la FSSPX et groupes associés, a émis trois idées générales qui sont éclairantes dans cette affaire.
a) il a évoqué les "cinq plaies" uniquement pour la néo-liturgie, un seul dossier et en partie résolu pour la FSSPX par le Motu proprio de 2007. Pourtant personne dans la salle, y compris le conférencier, n'imaginait une seconde que les 5 plaies puissent être guéries en quelques mois, le délai donné à la Fraternité.
Comment guérir toutes les nombreuses autres plaies telles que le "dialoguisme" ravageur, la confusion interreligieuse, l'affaiblissement du sacerdoce etc. ? Toutes ces multiples plaies ne sont d'ailleurs pas strictement lié à Vatican II et à son interprétation loin de là.
b) il a aussi rappelé, à plusieurs reprises, tout en soulignant le rôle du pape comme interprète suprême pour trancher les divergences d'opinion proprement doctrinale, que la foi chrétienne ne débute pas avec Vatican II. Quel est le poids de chacun des documents conciliaires, une question posée pendant le Concile et qui n'a cessé de se poser depuis ? Qu'est-ce qu'une "Déclaration", un genre nouveau ? Les problématiques posées au moment de Vatican II, dans une détermination pastorale fondamentale, sont-elles les mêmes ? Ne doit-on pas tirer des leçons pastorales de 50 ans d'expérience ?
c) le Syllabus des erreurs d'interprétation de Vatican II (avec son versant positif) serait, à mon sens, un bon outil, en particulier dans le dialogue avec la FSSPX. Mais sa rédaction, à supposer que la décision puisse être prise par la Curie de Benoît XVI, sera longue : cf. le Catéchisme de 1992/1999 et le Compendium de doctrine sociale de 2005. La FSSPX pourrait, peut-être ?, apporter sa contribution à cette oeuvre salutaire.
Les échanges reprennent autour des réponses de Mgr Fellay : tant mieux. Si les clarifications faisaient l'objet d'un nouveau cycle de discussion, dans le cadre d'une instance stable reliée à la Commission Ecclesia Dei, cela éviterait de laisser les protagonistes dans l'impasse d'un quitte ou double hasardeux, impasse qui ne ferait qu'encourager les extrémistes des deux bords (l'évêque anglais qu'admire Le torrentiel et quelques autres, certains membres de la Curie et des épiscopats qui désapprouvent les gestes des papes successifs).
Pourtant je suis convaincu que ni le pape ni Mgr Fellay ne veulent laisser le champ libre à leurs extrémistes respectifs.
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