merci de la référence par Luc Perrin 2011-11-28 12:01:25 |
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"L'abbé Bremond apparaît sous le nom de l'abbé Cénabre, apostat secret, dans deux romans de Bernanos, L'Imposture et La Joie, un portrait qui a provoqué des protestations du part de Bremond. Tout le milieu clérical néo-moderniste est dépeint dans ces romans par la plume féroce de Bernanos – ce qui expliquerait le manque de goût de Paul VI pour cet auteur. Le modernisme de Bremond n'était donc pas inconnu à l'époque. (John L.)
Je ne connaissais pas ce texte. Le pseudonyme dévoilé par E. Poulat de Bremond (sans accent) est : Sylvain Leblanc. Sous ce nom, l'abbé a publié un ouvrage réédité avec un commentaire remarquable par E. Poulat "Un clerc qui n'a pas trahi", c'est une apologie de Loisy, 1ère manière, celui jusqu'en 1903-1905 qui cherchait à réformer le catholicisme de l'intérieur.
Les sympathies modernistes de Bremond étaient connues suite à l'épisode Tyrell mais il avait mis cela en veilleuse après. L'ouvrage du pseudo "Sylvain Leblanc" montre à quel point Bremond a adhéré au loisysme en profondeur, point simplement par humaine sympathie. Il est resté en lien avec Loisy, Canet etc. jusqu'à sa mort.
Montini ne baigne pas dans ce milieu moderniste souterrain ; son évolution est interne au thomisme néo-scolastique, dans le fil Maritain-Journet. Il s'est frotté au blondélisme mais en a-t-il été marqué en profondeur ? Rien n'est moins sûr. Le présent pape est sûrement plus affecté dans son cursus intellectuel et théologique.
Une référence pour comprendre le modernisme d'origine et voir les pratiques des cercles modernistes qui ont été amplement utilisées depuis. Dans ce roman, Il Santo paru en 1905 - Le Saint -, le sénateur moderniste Antonio Fogazzaro (1842-1911), un cercle moderniste qui se réunit en secret établit un plan assez machiavélique de transformation interne par étapes du catholicisme en se cachant derrière un "saint", celui-ci est un moine simple et simplet "Benedetto" qui parle comme nos catho-contemporains : amour, amour, fleur bleue, pauvreté, pas de triomphalisme, renoncer au pouvoir, spirituel que spirituel, pas d'incarnation etc. le bisounours au carré.
Ce livre est fascinant et je me suis toujours demandé si G. Alberigo avait été un lecteur de Fogazzaro, auteur connu en Italie.
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