Croire pour comprendre et comprendre pour croire par baudelairec2000 2026-10-01 23:47:32 |
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on peut inverser l'ordre des propositions. Comprendre non pour rendre compte du mystère, en quelque sorte saisir l'insaisissable, mais pour l'approcher, en devenant par le coeur un proche ou un familier du Dieu qui ne cherche qu'à se donner, qu'à se rapprocher de celui qui consent à se donner à Lui. L'intelligence au service de la foi ou la philosophie considérée comme servante de la théologie, des formules bien connues des théologiens et des penseurs chrétiens.
La discussion que nous avons ne se situe pas sur le plan des vérités de foi: la révélation est close avec la disparition du dernier apôtre. Place désormais à l'enseignement de l'Eglise qui étudie le revelatum pour en déduire le reverabile.
Les miracles de l'Ecriture, nous sommes tenus d'y croire. Les miracles survenus depuis, les apparitions de la Vierge ne sont pas des objets de foi, bien qu'ils nous oblige à les entourer de respect. Inutile de nous citer le Syllabus... Accumuler les erreurs à réfuter n'est pas le meilleur moyen pour les combattre. Et si on enseignait tout simplement la vérité.
Deuxième point: mettre dans le même panier l'histoire et la science, confondre la méthode historique et la démarche scientifique. Ni l'historien ni le physicien ne recherche la vérité. Pour l'historien qui enquête sur des faits ou sur un personnage, il s'agit de collecter des données ou des matériaux pour proposer une explication, une interprétation. Oui, Henri IV a bien été assassiné, oui Ravaillac a bien porté le coup fatal. Tout le monde en est convaincu, mais c'est à l'historien qu'il revient d'exposer les mobiles du crime, en remontant au-delà des motivations du meurtrier pour rendre compte d'un climat qui aurait favorisé le tyrannicide. Il y a bien sûr des écoles qui soutiennent des thèmes historiographiques contestables, ainsi, chez les médiévistes, la théorie de la mutation féodale. Cela résulte d'une lecture partielle ou partiale des textes qui servent de sources. La théorie exerça son empire pendant des décennies jusqu'à ce qu'un historien prenne ses distances avec le courant dominant en proposant une autre lecture des textes et par l'attention portée à d'autres domaines. Dominique Barthelémy est celui qui a remis en cause le féodalisme, une vision de l'histoire des Xe et XIe siècles réduite à la violence sociale et politique.
Quant au scientifique, on doit plutôt parler de physicien, il se base sur la méthode expérimentale. La théorie physique ne vise pas elle non plus la vérité mais la réussite ou le succès. Il s'agit d'un mode opératoire qui passe par l'observation strictement contrôlée, l'élaboration d'une hypothèse par l'affirmation d'une loi de type mathématique et le retour sur le terrain, que dis-je, dans un laboratoire pour vérification. La théorie n'est qu'une loi universelle qui englobe les autres, permettant ainsi une explication du monde. La théorie sera tenue pour vraie ou valide aussi longtemps qu'une nouvelle théorie ne viendra la contredire sur le terrain de l'expérience.
Troisième point: la question porte sur le sujet non d'un tableau, mais d'une tenture composée de dix tapisseries. Si vous vous égarez sur ce terrain pourtant évident, pourquoi prétendre aller plus loin? Cette oeuvre, je ne ferai que citer les propos de l'auteur de la page internet "a été commandée par Robert de Lenoncourt, archevêque de Reims et abbé commendataire de l’abbaye Saint-Remi, pour décorer la basilique attenante. Exposée dans le chœur lors de certaines fêtes religieuses, elle illustre la vie de saint Remi, évêque de Reims qui baptisa Clovis." De quelle oeuvre s'inspire donc l'artiste? Quel thème précis ou quelles consignes le commanditaire impose-t-il à l'artiste? Quelle est la source, sinon la Vie de saint Remi d'Hincmar, rédigée un peu moins de sept siècles avant la réalisation de cette tenture. Hincmar, archevêque de Reims, écrit une vie de Remi, métropolitain de la province de Reims. Il est également certain que l'histoire de ces deux personnages ait été filtré par Flodoard, auteur dans les années 948-952 d'une Histoire de l'église de Reims. Car, deuxième erreur grossière de votre part, ce n'est pas l'abbé Migne qui rapporte ce miracle, mais Flodoard, dont l'oeuvre fut publiée dans la Patrologie latine de Migne. Soyons plus précis: le tome 135 de la Patrologie latine, publiée par l'abbé Migne, contient les oeuvres de Flodoard et s'intitule "Flodoardi canonici remensis opera omnia". Hincmar et Flodoard s'intéresse donc au même épisode de la vie de Remi, un miracle survenu lors d'un synode à Reims. On ne sort pas de Reims, qu'il s'agisse de littérature ou de tapisserie...
Après cela, comment pouvez-vous encore affirmer que "Tous les historiens qui ont percé ont ce présupposé que la raison est au dessus de la foi"?
Enfin, vous avez l'air de tenir à votre concile d'Orléans " qui parlait de l'arianisme". Or, sur les 31 canons contenus dans les Acta, un seul aborde la question des clercs hérétiques, il s'agit du canon 10:
"10. Au sujet des clercs hérétiques qui viennent à la foi catholique en toute bonne foi et volonté, et au sujet des églises que les Goths, dans leur hérésie, ont occupées jusqu'ici, nous avons décidé que soit observé ceci : si les clercs se convertissent de bonne foi et confessent intégralement la foi catholique, et s'ils mènent de même une vie digne par l'honnêteté de leurs moeurs et de leur conduite, qu'ils reçoivent l'office dont l'évêque les estimera dignes, en étant bénis par l'imposition de la main; quant aux églises, il a été jugé bon qu'elles soient consacrées selon le même rite que celui employé pour l'inauguration des nôtres."
baudelairec2000 philosophe et historien médiéviste, familier de l'oeuvre d'Hincmar de Reims et qui souhaite ne plus intervenir sur le sujet, faute de temps.
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