S'agissant d'Eupen et de Malmédy, j'ai pensé à vous et à mes amis allemands à cause de ces feux de forêts et de tourbe dans les Hautes-Fagnes (Hohes Venn), la partie germanophone de la Belgique en Wallonie, à la frontière de l'Allemagne (région de Rhénanie du Nord-Westphalie). On y passe après Verviers quand on prend l'Autoroute Liège-Aix-la-Chapelle ; en gros quand on va en Allemagne en passant par la Belgique. J'ai appris grâce à la télé française qu'un feu du même genre avait eu lieu au même endroit en 1911, à l'époque sous administration allemande.
Oui, ces feux sont terribles, plus de 3.000 hectares de nature sauvage détruite, on s'approche des 4.000 hectares détruits en 1911.
La nature mettra des décennies à s'en remettre.
L'Eifel (un -f- en allemand) est une région très belle. On l'appelait "la Sibérie prussienne" à cause de son climat extrême (très froid en hiver) et son isolement relatif (surtout au XIXe et avant). C'est aussi une région traditionnellement très catholique.
Malmedy est une petite ville très charmante. Ce fut, avant 1919, le chef-lieu de la "Wallonie prussienne", une petite minorité francophone dans le Reich. Malmedy fut pendant l'Ancien Régime avec son pendant Stavelot la double résidence d'une abbaye princière (
Reichsabtei) bénédictine assez importante (fondée par Saint Remacle), souveraine et directement sujette à l'Empereur (
reichsunmittelbar). Le souvenir de cette époque n'a pas entièrement disparu.
On écrit "Malmedy" aussi en français sans accent, le e est muet, même si on le voit souvent (par erreur) avec é (et prononcé aigu). Le nom est probablement d'origine celte et les Wallons natifs le prononcent "Mâmdy".
Mon père (qui était entre autres romaniste) avait dans sa bibliothèque quelques recueils de poésies wallonnes éditées par des activistes linguistiques (abbé Bastin, Bragard) à l'époque prussienne. C'est très intéressant. Ce wallon est (pour moi) assez difficile à comprendre.
