A propos de Dei Verbum par JFB33 2026-07-10 20:29:56 |
|
Imprimer |
A propos de Dei Verbum, la position de Monseigneur Lefebvre :
Monseigneur Lefebvre a beaucoup moins écrit sur Dei Verbum que sur Dignitatis Humanae (liberté religieuse), Nostra Aetate ou Lumen Gentium par exemple, mais il en a bien parlé.
Sa critique peut être résumée en trois points :
Le premier point est de rappeler que pendant le Concile, un premier projet sur les sources de la Révélation (De fontibus Revelationis) avait été préparé sous l'influence du Alfredo Ottaviani et qu'il considérait que ce premier schéma restait fidèle à la théologie traditionnelle.
Mais certains feignent d'oublier que ce schéma fut rejeté au début du Concile et entièrement remanié pour devenir Dei Verbum.
Par la suite,il dira que cette réécriture avait fait perdre une partie de la précision doctrinale du texte initial.
Le deuxième point est qu'il reprochait au texte final son manque de précision. Comme il le fera pour plusieurs documents de Vatican d'eux, Monseigneur Lefebvre ne disait pas que Dei Verbum enseignait explicitement une hérésie mais son reproche était plutôt de dire que le texte remplace des affirmations précises par des expressions plus ouvertes, laissant ainsi la place à des interprétations divergentes.
Dans son esprit, un document doctrinal devait exclure les erreurs possibles et non leur laisser une marge d'interprétation.
Le troisième point est qu'il voyait surtout les conséquences après le Concile. Et c'est probablement le point le plus caractéristique de sa pensée. Il a clairement vu les "fruits" que ça a donné.
Selon lui, après Dei Verbum, beaucoup de catholiques ont fini par relativiser les miracles, mettre en doute l'historicité de certains récits évangéliques, limiter l'inerrance biblique et accorder une place excessive à la méthode "historico-critique".
Il estimait que si ces lectures avaient pu se développer aussi largement, c'est que le texte conciliaire ne les avait pas suffisamment empêchées.
Toutefois il est intéressant de noter que Monseigneur Lefebvre ne classait généralement pas Dei Verbum parmi les textes les plus problématiques de Vatican d'eux.
Dans ses livres (Ils l'ont découronné, Lettre ouverte aux catholiques perplexes, ses conférences et sermons), les critiques portent beaucoup plus souvent sur Dignitatis Humanae (qu'il considérait comme la rupture majeure), Lumen Gentium (notamment la collégialité), Nostra Aetate (pour le dialogue interreligieux), et Gaudium et Spes.
De fait, il le considérait plutôt comme un texte insuffisamment précis qui aurait facilité certaines évolutions ultérieures, plutôt que comme le cœur de la crise. Mais il l'a quand même critiqué !
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|