Précisons par Signo 2026-06-20 22:39:26 |
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Oui, c’est vrai que ce n’est pas la réforme qui a provoqué l’effondrement de la pratique, qui a effectivement commencé avant les réformes néfastes.
Mais quand on dit cela, on oublie juste un détail: c’est que précisément la révolution liturgique (car ce n’est pas une réforme, mais bien une révolution d’une radicalité sans précédent dans l’histoire de l’Eglise) nous a été présenté comme un remède à la baisse de la pratique.
Il faut relire les discours que Paul VI prononçait à la fin de l’année 1969 pour justifier la réforme: en gros, il nous explique que la liturgie traditionnelle est belle, magnifique, antique, mais qu’il faut la sacrifier et la remplacer par une nouvelle liturgie capable de parler à l’homme moderne. On attendait de cette réforme un renouveau de la foi, un afflux de jeunes, une rechristianisation de la société.
Et la réforme a été mise en œuvre, dans les conditions que l’on sait. Non seulement la baisse de la pratique n’a pas été enrayée, mais elle s’est amplifiée dans des proportions jamais vues auparavant, avec une rapidité qui laisse bouche bée et plonge dans la perplexité sociologues et anthropologues. Nous avons détruit notre tradition liturgique (comme l’ont reconnu Gélineau, Bouyer et bien d’autres) pour avoir un taux de pratique sous la barre des 2%. Autrement dit: nous avons tout perdu, sur tous les plans et dans tous les domaines. Il y a vingt ou trente ans, on pouvait encore avoir des doutes, espérer que la réforme corrigée produise des fruits plus tard. Mais aujourd’hui, en 2026, le doute n’est plus permis: la réforme la plus pastorale de l’histoire de l’Eglise a débouché sur la déroute pastorale la plus catastrophique de tous les temps. Le fiasco est total. Et au milieu de ce désastre, on nous explique que la priorité du moment est de fondre les rares îlots de résistance à cette déroute dans la pastorale officielle, dont la nature toxique ne peut pourtant plus faire l’objet du moindre doute.
Par ailleurs vous vous trompez si vous vous imaginez que mon approbation des sacres du 1er juillet suppose une approbation du positionnement de la FSSPX dans son ensemble. Il me semble avoir été clair dans chacune de mes interventions sur ce sujet. Je conteste l’affirmation de l’abbé Pagliarani selon laquelle il n’y aurait plus les moyens de salut en dehors de la Fraternité et personnellement j’adhère à tout ce qui relève du dogmatique dans les textes de Vatican II.
Quand à votre recours hors-sol au sensus fidei, il est démenti par les faits. À partir du moment où 74% des catholiques allemands ne croient plus en la divinité du Christ, et que bien des études montrent un effondrement qualitatif de la foi dans la plupart des pays occidentaux, on est incité à user de cet argument avec plus de prudence que vous ne le faites. Et ce n’est pas « l’Eglise » qui fait fausse route depuis 60 ans, c’est la partie occidentale de la hiérarchie ecclésiastique qui se fourvoie et qui procède depuis un demi siècle à l’auto-démantèlement de la liturgie, de la catéchèse, de la doctrine, de la véritable pastorale, avec les résultats fabuleux que l’on sait.
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