Un exemple de déséquilibre théologique de la FSSPX par Signo 2026-01-24 13:31:27 |
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En écoutant cette conférence de l’abbé de La Rocque, consacrée à une critique de la messe Paul VI, vidéo qui n’est pas inintéressante mais qui comporte aussi un certain nombre d’exagérations, d‘amalgames et même des idées théologiques objectivement fausses et contraires à la Tradition.
A la minute 01:11:45, l’abbé de La Roque nie explicitement la présence réelle du Christ au moment de la proclamation de l’Evangile dans la messe. Il dit qu’à ce moment ce n’est que le prêtre qui lit l’Evangile et non pas le Christ qui nous parle.
Or cette affirmation est objectivement contraire à la tradition de l’Eglise et à la signification même de ce rite tel que transmis par la liturgie traditionnelle, comme cela est expliqué dans cette vidéo.
A l’épître, c’est bien l’Apôtre qui nous parle, hic et nunc, et à l’Evangile, c’est bien le Christ réellement présent qui nous parle, ici et maintenant! Toute la logique de la liturgie est fondée sur cette notion de hodie, de l’actualisation ici et maintenant du Royaume…
Ce prêtre commet ici plusieurs erreurs:
- il confond présence réelle spirituelle et présence réelle substantielle: dans la proclamation de l’Evangile, le Christ est réellement présent, sur un mode spirituel; dans l’Eucharistie, la présence du Christ se « densifie » en quelque sorte et se fait substantielle, corporelle. Mais la présence substantielle du Christ dans les saintes espèces n’est pas le seul mode de présence réelle.
- par ailleurs, il introduit une absurde concurrence entre présence réelle du Christ dans l’Evangile et présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, comme si la valorisation de l’une nuisait nécessairement à l’autre, alors qu’elles sont évidemment faites pour aller l’ensemble, le premier mode de présence préparant la seconde présence. Ainsi, selon un préjugé anti-biblique typiquement post-tridentin, toute valorisation de la Parole de Dieu est comprise comme relevant d’une influence protestante, oubliant que la tradition catholique, à travers l’époque patristique et encore à l’époque médiévale, a toujours fortement valorisé la Parole de Dieu et l’expérience qui en résulte à travers la lectio divina et la liturgie sacrée.
- enfin, en affirmant que la liturgie de la Parole est plus solennelle dans la nouvelle liturgie, il émet une contre vérité : en théorie, il n’y a pas plus de solennisation de la liturgie de la Parole dans la liturgie nouvelle que dans la liturgie traditionnelle, et dans les faits, la solennité est supérieure dans la liturgie traditionnelle (messe solennelle ou pontificale) : les luminaires, la procession, les encensements, les bénédictions, l’usage (hélas trop rare!) des évangéliaires richement ornés, et surtout le chant du texte évangélique sur la mélopée traditionnelle sont des marqueurs de cette foi dans la présence réelle du Christ dans la proclamation de l’Evangile, et tout cela a été grandement appauvri dans la pratique du NOM. Il est tout de même assez stupéfiant qu’un prêtre traditionaliste commette une erreur aussi grossière sur un sujet aussi important.
Or il est intéressant de voir jusqu’où peut conduire ce biais post-tridentin typique d’une religion entièrement fondée sur une réaction anti-protestante. Pour avoir une idée des aberrations où nous auraient conduit cette logique si le mouvement liturgique et le concile Vatican II n’avaient pas opérés une prise de conscience salutaire, il n’y a qu’à voir ce qui se fait dans l’ « Eglise » palmarienne: outre le décorum rococo-dingo d’un kitsch au delà du supportable et pulvérisant toutes les limites du grotesque, toute la liturgie des catéchumènes, et donc la liturgie de la Parole qu’elle contient, a été purement et simplement supprimée et la messe commence directement avec l’offertoire… et donc ne dure qu’un petit quart d’heure.
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