pointer de prétendues contradictions dans le comportement de Mgr Lefebvre
Des "contradictions", disons plutôt des tergiversations, des anxiétés, parfois existentielles, des doutes (dont Dieu seul sait, mesure et juge la portée morale et les mérites ou démérites !), des retraits tactiques (et puis le contraire), des prises de conscience progressives, des durcissements, tout cela, dans le contexte chaotique des années 1960 et 1970, voire plus tard, sont un phénomène très naturel et très humain, et pas du tout diffamant.
Nous avons tous connu cela, dans notre vie personnelle et à notre place respective (bien plus modeste en général, en tout cas en ce qui me concerne, que celle d'un Père prétendu "conciliaire"), et Mgr Lefebvre l'a connu aussi (dont amples preuves dans ses écrits et discours, sans parler de ses actions).
Il serait très injuste et incharitable d'en faire un argument
ad hominem (comme cela se fait, j'en conviens, et je m'y oppose), ce qui n'empêche pas la critique où elle est justifiée objectivement (et elle l'est), car il faut bien dire que les temps étaient (et sont) mouvementés et ténébreux.
Autant on appréciera la clairvoyance de quelques esprits élus, comme Mgr de Castro Mayer ou Mgr Pintonello (pas Mgr Thuc !), et de quelques prêtres à leurs places respectives, qui ont visé juste dès le début, sans jamais varier.
Mais le fait de ne pas l'avoir fait n'ôte en rien les mérites véritables que d'autres peuvent avoir dans certains domaines et pendant un certain temps, comme c'est indubitablement le cas de Mgr Lefebvre, malgré certains faibles théologiques, liés en partie à son éducation au Séminaire français, et dont il ne sut jamais se défaire complètement.