Les papes, eux-aussi, ont compromis la fructuosité du Concile par Scrutator Sapientiæ 2023-03-06 23:01:20 |
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Bonsoir Justin Petipeu,
Les papolâtres post-conciliaires ont souvent une conception d'après laquelle, de Paul VI à Francois inclus, tous les papes post-conciliaires ont été "centristes", ont marché sur une ligne de crête, et ont subi des difficultés qui ont compromis, fait obstacle ou porté atteinte à la fructuosité du Concile, essentiellement à cause de l'intégrisme, localisé à droite, et qui veut restaurer le passé ou revenir en arrière, et du progressisme, positionné à gauche, qui veut aller ad extra le plus loin et le plus vite possible, quitte à ce que cela nécessite non seulement une détridentinisation, mais aussi une décatholicisation.
Mais il se trouve que ces papolâtres post-conciliaires ne parlent presque jamais du fait que Paul VI et Jean-Paul II ont, eux-mêmes, joué à un jeu très dangereux, qui a amplement compromis la fructuosité du Concile, et qui a consisté à outrepasser le contenu de plusieurs documents de Vatican II.
Ainsi, Paul VI a pris la responsabilité d'outrepasser le contenu de la constitution liturgique SC, au moyen du NOM de 1969, et Jean-Paul II a pris celle d'outrepasser le contenu du décret UR et celui de la déclaration NA, en outrepassant non seulement le contenu de ces deux documents, mais aussi le Magistère et surtout la pastorale de Paul VI, dans le domaine du dialogue interconfessionnel oecuméniste et surtout dans celui du dialogue interreligieux inclusiviste.
Or, les papolâtres post-conciliaires évoquent rarement ce qui suit : le fait que le contenu d'au moins trois documents du Concile, et non des moindres, nous semble-t-il, ait été amplement et gravement outrepassé par deux papes, presque consécutifs, de fin 1969 à début 2005, a, lui aussi, été particulièrement préjudiciable à la fructuosité du Concile Vatican II.
Nous sommes ici en présence de deux papes post-conciliaires qui, en fonctionnant comme ils l'ont fait, dans les trois domaines évoqués ci-dessus, ont donné à croire que l'auto-dépassement indéfini peut et doit constituer une caractéristique fondamentale de l'Eglise du Concile et de l'après-Concile.
Pour cette raison, il ne faut pas s'étonner du fait que cette vision des choses, plus présente chez Jean-Paul II que chez Paul VI, a "donné raison", dans une certaine mesure, aux intégristes ET aux progressistes.
En d'autres termes, on ne saura jamais ce que la fécondité du Concile et la fidélité au Concile auraient pu générer dans l'Eglise, non seulement à cause ou du fait de l'intégrisme et du progressisme, mais aussi à cause de bien des impatiences et des imprudences pontificales post-conciliaires, sur lesquelles presque personne n'a jamais osé revenir, alors que ces impatiences et ces imprudences n'ont jamais été explicitement et officiellement permises, prescrite, prévues ou voulues, dans au moins trois documents du Concile.
Sauf erreur, cet aspect des choses est ahurissant ou vertigineux, pour qui veut bien y réfléchir de la manière la plus objective ou réaliste possible.
Bonne nuit.
Scrutator.
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