J'ai pu lire récemment la traduction française des Mythes de la guerre d'Espagne de Pio Moa. C'est un très bon livre qui accomplit une œuvre éminemment nécessaire, et pas seulement pour l'Espagne et les Espagnols.
Il tend effectivement à montrer que la guerre d'Espagne est un véritable cas d'école, peut-être encore plus que la Révolution française : à peu près tout ce que l'on raconte ordinairement à son sujet (en cours d'histoire et en civilisation en cours d'espagnol dans le secondaire par exemple) est faux, des origines de la guerre, très largement provoquée par la gauche, qui la planifie dès la révolution manquée des Asturies en 1934, à son déroulement (l'auteur montre que le Front populaire a en réalité réussi à perdre une guerre imperdable sur le papier au vu de son écrasante supériorité matérielle en juillet 1936) et à son bilan humain absurdement surestimé.
L'auteur montre aussi très efficacement comment des universitaires éminents comme Paul Preston ou Angel Viñas se sont mis au service de cette imposture, parfois au prix d'affirmations plus ou moins absurdes ou de la reprise acritique de récits journalistiques manifestement élaborés à des fins de propagande, sur la répression aux arènes de Badajoz par exemple.
On est frappé surtout de lire à quel point le personnel du Front populaire espagnol est, de l'aveu même d'un certain nombre de personnalités républicaines, un ramas de personnages ineptes (Azaña), de crapules et de francs criminels (Largo Caballero, Prieto), tous animés par-delà leurs divergences d'une haine implacable de l'Espagne, de sa culture, de son histoire et surtout de l'Église, de la foi et de la morale chrétienne : les vrais modérés étaient, à tous points de vue, les partisans du camp national.
Peregrinus
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