Sur le sacre de Napoléon et ses ambiguïtés par Peregrinus 2022-07-21 19:07:39 |
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De prime abord, le sacre de Napoléon imite le sacre des anciens rois. En réalité, bien des points du cérémonial changent, ce qui dénature la portée du geste. Le sacre est une cérémonie civile avec un habillage religieux. Certes, la nature du sacre ne peut être niée : le lieu, une cathédrale, le concours d'un vaste clergé, le rôle assigné au pape, sont autant d'éléments qui plaident en faveur d'une pleine association du trône et de l'autel. L'Empereur a reçu du pape la triple onction, sur la tête et les mains, avant le début de la messe. Au cours de celle-ci, les ornements impériaux ont été bénis : l'anneau, l'épée, le manteau, le globe, la main de justice et le sceptre. Alors, "l'Empereur, portant dans ses mains ces deux derniers ornements, a fait sa prière", tandis que le pape remettait ses ornements à l'impératrice. Puis vient le moment de l'autocouronnement [...]. Ce geste n'est pas spontané ; il était prévu dans le cérémonial et avait été accepté par le pape. Sa signification n'en est pas moins grande : Napoléon refuse de tenir son pouvoir souverain, symbolisé par la couronne, des mains du pape, c'est-à-dire de Dieu.
Jacques Olivier Boudon, Histoire du Consulat et de l'Empire (1799-1815), Perrin, Paris, 2003, p. 159.
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