Non, la messe traditionnelle n'est pas abrogée. par Pétrarque 2021-07-19 14:05:51 |
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Elle ne l'a jamais été par Paul VI, qui n'a jamais produit autre chose qu'une interdiction de fait, faite de tracasseries, de condamnations, de harcèlement -voire d’acharnement- envers les prêtres qui persistaient à la célébrer, la nouvelle messe ayant vocation à se substituer à l'ancienne, mais jamais d'interdiction de droit, qui soit matérialisée par un décret quelconque venant définitivement acter la caducité de l'ancien ordo.
Cette condamnation, cette traque pathologique et impie de la messe traditionnelle ne s'est donc jamais opérée, pourrait-on dire, selon les règles du droit, non seulement canonique, mais aussi du droit tout court.
C'est un peu cela, conjugué à une certaine dose de pragmatisme, qui a permis l'indult Quattuor abhinc annos de 1984, et, cette fois-ci conjugué à encore plus de pragmatisme, au motu proprio Ecclesia Dei de 1988.
En 2007, le nouveau motu proprio Summorum pontificum a encore davantage libéralisé la célébration de la messe traditionnelle en l'instituant "forme extraordinaire" (appellation qui, en ce qu'elle plaçait -au moins psychologiquement- la messe traditionnelle un peu en-deçà de la nouvelle, n'a d'ailleurs pas remporté l'unanimité...) du rite romain, en s'appuyant explicitement (article I) sur la non-interdiction juridique de ladite messe traditionnelle.
Mais, comble du désespoir et de la hargne modernistes, la faculté de célébrer selon les rubriques de 1962 a été étendue à tout prêtre de rite romain. Brutalement, n’importe quel prêtre, fut-il complètement étranger à la mouvance traditionaliste, se voyait en droit autorisé à célébrer la messe traditionnelle, latine et grégorienne.
Comme cela était prévisible, cette messe qui plaît à Dieu a produit des fruits de plus en plus abondants : des prêtres diocésains se sont tournés vers elle avec de plus en plus d’attrait, des fidèles l’ont découverte en nombre de plus en plus grand, et, l’horizon démographique ecclésial étant ce qu'il est, les autorités de la Rome moderniste ont compris quelle menace planait, à moyen terme, sur l’équilibre entre « forme ordinaire » et « forme extraordinaire ».
Aujourd'hui, et nous y voilà, le dernier motu proprio abroge celui de 2007, il lève l'hypothèque de la "forme extraordinaire", mais il ne supprime, ni n'abolit, ni même ne suspend le missel traditionnel de 1962.
Il commence par en réduire la célébration, pour en éloigner le maximum de gens -prêtres et fidèles- et le re-cantonner aux traditionalistes.
La volonté de la Rome moderniste est clairement de détruire l'oeuvre de Benoît XVI, et, in fine, d'obtenir la disparition de la messe traditionnelle.
L’engeance qui a pris le Concile en otage dès 1962, qui l’a détourné de ses schémas préparatoires, qui en a subverti certains textes pour avancer plus sûrement et plus confortablement, forte de l'inertie de Paul VI, cette même engeance qui, par le truchement d'ordinaires complices ou passifs, en a garanti l’application la plus maximale possible dans l’immense majorité des diocèses, toujours celle-là même qui n’a pu empêcher Mgr Lefebvre de se dresser face à elle, cette engeance, soixante ans après sa sortie au grand jour, ne renonce toujours pas à détruire ce rempart de la Foi qu’est la messe traditionnelle.
Nous avons parallèlement sous les yeux (du moins ceux parmi nous qui voient encore…) les fruits de la nouvelle messe, des nouveaux catéchismes, de l’interprétation novatrice de Vatican II, de la nouvelle ecclésiologie, des nouveaux séminaires. Ceux qui ne se bercent pas d’illusions, ceux qui ne sont pas nichés dans quelque bonne paroisse bourgeoise et NOMiste le voient bien : il n’y a plus rien.
Un arbre mauvais ne peut donner de bons fruits. Ce qui fleurit est ce qui est traditionnel, ou du moins ce qui n’est pas foncièrement hostile à la Tradition.
Le motu proprio Traditionis custodes, par son antinomie intrinsèque, nous montre la haine des modernistes, et en particulier celle de leur meilleur allié, pour ne pas dire de leur chef, qui apparaît de façon éclatante pour ce qu'il est : un loup déguisé en berger.
Ce motu proprio est à la fois mensonger, tyrannique, d'une méchanceté aussi hargneuse que stupide, mais, surtout et heureusement, parfaitement dérisoire.
Je l'ai déjà dit ailleurs, ces gens-là sont déjà morts.
La messe traditionnelle a conquis, depuis maintenant plus de quarante ans, un terrain qu'elle ne perdra plus. Nous avons la jeunesse pour nous. La jeunesse, le droit et la raison dans la lutte.
Quant au NOM, très nombreux sont ici ceux qui s'en contrefichent pontificalement. Et c'est très bien ainsi.
Que des catholiques s'en satisfassent nous importe peu. Tant mieux pour eux, j’allais dire. Ils font ce qu'ils veulent. Mais que ces gens-là, fussent-ils égarés jusque sur ce forum et d’assez peu de clairvoyance pour oser venir, ici et maintenant, en faire la promotion, le sachent bien : nous n'en voulons pas, et nous n'en voudrons jamais.
Qu’ils se rassurent, cela ne nous éloigne en rien de l'Eglise catholique et du Siège apostolique.
Cela nous permet simplement d'accueillir avec quiétude les oukases de la clique moderniste qui en squatte les structures.
Fluctuat nec mergitur…
Chers NOMistes du FC, je vous invite amicalement à méditer votre première lecture d'hier :
Quel malheur pour vous, pasteurs !
Vous laissez périr et vous dispersez
les brebis de mon pâturage
– oracle du Seigneur !
C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël,
contre les pasteurs qui conduisent mon peuple :
Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées,
et vous ne vous êtes pas occupés d’elles.
Eh bien ! Je vais m’occuper de vous,
à cause de la malice de vos actes
– oracle du Seigneur.
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