Le bréviaire par Rothomagus 2021-07-18 23:25:14 |
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est un faux problème, mais il reflète parfois une certaine idée de la liturgie de l'Eglise que quelques uns feraient volontiers commencer dans la période 1568-1571.
Ne le pensez-vous pas ?
Mais je reviens au bréviaire.
Entre les premiers temps de christianisme et Saint Pie V, le souvenir des usages des premiers chrétiens s'était surtout perpétué dans les monastères et les chapitres.
Pour le peuple et les clercs des paroisses, beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts et les invasions barbares étaient passées par là. S'il y eût jamais une obligation de réciter l'office, elle n'était que morale, et surtout devenue uniquement ponctuelle pendant longtemps pour les prêtres bénéficiers (les sanctions étaient pour ceux qui ne s'y obligèrent pas, et non peu).
Je ne suis pas loin de penser que la volonté claire de Saint Pie V et des prélats du XVIème siècle d'étendre l'obligation aux prêtres et autres clercs séculiers n'a pas été le plus heureux des choix.
La réforme liturgique de l'époque a été assez virulente dans ses principes, ne l'oublions pas. D'autant qu'elle a bénéficié de l'imprimerie comme arme de diffusion massive, pour la première fois.
L'office au choeur ne pouvait être transporté. D'où le bréviaire. Toutefois il ne pouvait être adapté pour tous. Toujours très limitant dans les tâches pastorales des curés d'hier et de notre temps, de nouvelles révisions ont fatalement eu lieu, sans que cela n'ait rien arrangé. Et de ce fait la dilution s'est accélérée, alors que le bréviaire n'était pas amené à être modifié.
En conséquence, la forte incitation à la lecture du bréviaire m'aurait semblé préférable pour les séculiers, tout en le maintenant obligatoire dans les chapitres (pratiquement disparus) et les monastères. Ce qui aurait évité de dénaturer le bréviaire de Saint Pie V en voulant l'universaliser à outrance. Ce qui fait aussi que nous nous retrouvons aujourd'hui avec une liturgie des heures intéressante mais dont la teneur a été quelque peu artificialisée par la dernière révision constructeur. En tout cas le caractère authentique en a pris un coup, si l'on considère le bréviaire de 1568 comme la référence.
Et puis, c'est en mai 1918 que le CIC fait formellement entrer en vigueur l'obligation pour la plupart des clercs majeurs de réciter les heures, chaque jour (can. 135). Pour les chapitres, religieux et prêtres avec bénéfices, cette obligation est confirmée ailleurs dans le code.
La stratification des choses à faire impérativement pour le prêtre de paroisse suroccupé commençait à devenir lourde.
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