Votre réponse est très révélatrice... par Chicoutimi 2021-05-20 14:07:48 |
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Un liseur, simple laïc, propose sa réforme liturgique, et on ne peut remettre celle-ci en question parce que Vatican II a demandé une restauration!
Si je comprends bien, n'importe quel liseur, sur ce FC, pourrait proposer sa propre réforme, et ce sans jamais devoir être questionné parce que toute réforme est nécessairement endossé par le Concile!
Et c'est exactement ce qui se passe depuis environ 50 ans. Les bugninistes (qui ont tout saccagé) l'ont fait au nom du Concile, et les conservateur à la Denis Crouan (qui veulent tout restaurer) s'en remettent à la même autorité! Je précise au passage que j'ai beaucoup d'estime pour l'érudition de M. Crouan, et que j'admire ses efforts pour faire connaître la liturgie, mais il vit malheureusement dans une illusion qui ne peut que, tôt ou tard, le mener dans la déception ou même le désespoir.
Vous n'êtes pas sans savoir que le Concile dit tout et son contraire. Les uns insisteront pour dire que ''le latin sera conservé'' (n. 36, 1) alors que les autres insisteront pour dire que ''l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple'' (n. 36,2), ''qu'il revient à l’autorité ecclésiastique qui a compétence sur le territoire (...) de statuer si on emploie la langue du pays et de quelle façon'' (n. 36, 3), que ''l'on pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec le concours du peuple'' (n. 54), etc. Les textes énoncent un principe, et tout de suite après on y ajoute une clause qui annule le principe. Je pourrais multiplier les exemples.
Le problème ne peut se résumer à la question de l'interprétation ou de l'application du Concile. Affirmer cela reviendrait à dire que la quasi-majorité de l'épiscopat mondial est incapable de lire des textes, voire même qu'ils sont de mauvaise foi. Je pense plutôt qu'ils sont dans l'erreur, mais de bonne foi, et que leur erreur n'est possible que parce que les textes eux-mêmes sont équivoques.
Il est par ailleurs stupéfiant d'entendre François dire qu'il ne faut pas ''devenir gardiens d’un système de doctrines et de dogmes''. Mais lorsque l'on parle de Vatican II (un concile qui ne s'est pas voulu dogmatique), ce même François nous martèle que ''le Concile ne peut pas être négocié''. Écoutez. Si un concile pastoral a préséance sur les dogmes, c'est que cette pastorale est devenue une doctrine!.
Et votre intervention reflète exactement ce que nous vivons de dramatique sur le terrain. En effet, beaucoup de nos clercs ne s'inquiètent plus de savoir si ce que nous faisons en Église contribue à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Non. Ce qui est source de préoccupation se résume à ceci: sommes-nous fidèles au Concile?
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