A supposer par Jean Ferrand 2015-09-12 09:03:03 |
|
Imprimer |
A supposer que vous ayez raison, et en l'état cela semble bien être le cas (je ne suis pas canoniste et voulais seulement poser une question de bon sens), il serait bon de creuser davantage cette réalité ecclésiale incontestable que vous mettez en avant.
Il existe dans l'église catholique un second mariage, légal ou plutôt avec effets canoniques, mais non sacramentel. On pourrait l'appeler un mariage imparfait, ou tout autre nom qui vous agréerait.
Ce mariage imparfait (et donc dissoluble) concernerait un nombre assez considérable de chrétiens.
Tous ceux dont le mariage est nul, mais dont la nullité ne sera jamais, ou n'est pas encore déclarée.
Tous ceux qui se remarieraient après un jugement ecclésiastique erroné, et cette éventualité, avec les nouvelles normes mises en vigueur, est de plus en plus envisageable.
Tous les protestants divorcés, dont le premier mariage était valide et sacramentel, mais qui se remarient de bonne foi dans leur église avec la bénédiction des pasteurs.
Tous les orthodoxes divorcés qui se remarient avec l'autorisation et la bénédiction de leur hiérarchie.
Cela fait quand même beaucoup de monde. C'est une réalité ecclésiale incontournable.
Ce mariage imparfait et, par hypothèse, invalide a néanmoins des effets légaux, et pour dire le mot canoniques, considérables. Le mariage de ces faux époux est réputé valide, sans l’être, tant que le jugement de nullité n'est pas prononcé. Ils se doivent mutuellement fidélité. Ils ont le droit de consommer leur mariage et les enfants nés de cette union (non sacramentelle) sont réputés légitimes. Ils sont matériellement adultères, mais l'adultère ne leur est pas imputable étant donnée leur fausse situation. Ils doivent cohabiter (s'ils ne sont pas par ailleurs séparés) jusqu'à la décision de l'officialité diocésaine. Ils doivent élever ensemble leur progéniture. Ils se doivent même mutuellement assistance. Ils n'ont pas la grâce du sacrement, qui n'existe pas devant Dieu, mais ils ont néanmoins en tant que baptisés, et en tant que légalement conjoints, les grâces d'état nécessaires pour vivre leur (fausse) union. Les effets de ce faux, et provisoire, mariage, sont assez proches, tels que nous les avons définis, de ceux du mariage sacramentel.
Êtes-vous d'accord avec cette analyse ?
Cette réalité ecclésiale a-t-elle été étudiée par des canonistes ?
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|