Une confusion presque diabolique entre miséricorde et périphérisme. par Scrutator Sapientiæ 2014-05-11 09:56:53 |
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Bonjour, bon dimanche, et merci à jejomau.
1. Je ne me prononce pas ici sur l'objet du raisonnement, mais sur le mode de raisonnement, du cardinal Kasper.
2. Ce qu'il dit revient à dire que quand l'Eglise est miséricordieuse sans être périphériste, sa miséricorde n'est pas totalement configurée par Dieu, n'est pas au-then-ti-que-ment é-van-gé-li-que.
3. A mon sens, Dieu est Amour, mais Il est aussi Lumière, Dieu est Charité, mais Il est aussi Vérité, à commencer par la Charité en Lui-même et la Vérité sur Lui-même, qui est au coeur de la Trinité.
4. Or, le cardinal Kasper donne l'impression de ne voir en Dieu que l'Amour, un Amour exonérateur des pécheurs et oblitérateur des péchés, comme si la lumière divine n'existait pas, notamment en tant que lumière éclairante, d'une manière objective, sur le potentiel de falsification de la miséricorde qui peut être présent dans son propre discours, celui du cardinal Kasper.
5. En outre, c'est avec une habileté presque diabolique, qui me semble être aux antipodes de l'honnêteté intellectuelle, qu'il fait semblant de pouvoir prendre appui sur Jean-Paul II et sur Benoît XVI, pour "légitimer" son raisonnement.
6. La miséricorde, c'est : "va et ne pèche plus" ; je ne te juge pas, toi, mais je juge ton péché ; je te pardonne, toi, mais je ne minimise pas ton péché ; donc, tu es pardonné, pour recommencer à vivre avec l'aide de la Grâce, et non pour recommencer à te soumettre au péché.
Le périphérisme, c'est : "va, ce n'est pas un péché", au sens de : va, ce n'est plus vraiment, ou plus du tout, un péché, d'un point de vue "enfin" authentiquement miséricordieux ; et puis, "qui suis-je pour juger ?"
7. Si je ne me trompe pas, cela veut dire que nous allons avoir droit à un glissement entre "miséricorde" et "Amen à Tous", puis à un glissement entre "Amen à Tous" et "Amen à Tout".
Sauf en ce qui concerne les structures de péché, existant dans les domaines de l'économie et de la politique, génératrices des inégalités, et opposées à la justice sociale ?
8. Je termine ce message sur cette remarque : le cardinal Kasper semble avoir une vision démocratiste, et non théonomique, des choses : pour lui, se mettre à l'école des aspirations attribuée ou inculquées au Peuple de Dieu semble être plus important que se mettre à l'écoute de l'inspiration exprimée par la Parole de Dieu.
Ainsi, le Magistère ou la pastorale deviendrait avant tout un instance de légitimation, un instrument de ratification, de ce qui monte "du bas" vers "le haut", au lieu de demeurer une instance de communication, un instrument d'explicitation et d'objectivation, "du haut" vers "le bas".
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.
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