Quelques extraits du livre, pour mieux illustrer... par Aétilius 2014-01-14 12:09:29 |
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Pour ceux que cela intéresse, ce panel, permettant de mieux comprendre la thèse de l'auteur :
Les membres de la communauté de Qumran constituent un peuple à part, complètement séparé d’Israël [contrairement aux pharisiens et aux saducéens], refusant le culte du Temple, l’autorité du Grand Prêtre, ainsi que celle du Sanhédrin, refusant le contact avec les autres juifs, déclarés « infidèles », vivant en communautés séparées du reste du peuple, souvent loin des grands centres.
Ils ont signé une « Nouvelle Alliance », donc une alliance distincte de Moïse. Ils vivent en exil, parfois « au désert », c’est-à-dire loin du peuple juif. Ils disposent de leurs lois, leurs juges, leurs tribunaux… (p.22-23).
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[Le] silence total des textes chrétiens trouve une explication toute simple, si l’on admet que ces « Esséniens », ces « saints », ces « pauvres » de Dieu, ces « fils du Juste », ce sont eux-mêmes les premiers chrétiens. C’est la seule explication vraiment adéquate à la difficulté. Voyez d’ailleurs leur propre langage : Jésus-Christ, c’est le « Juste ». Saint Pierre le dit au Temple : « Vous avez renié le Saint et le Juste ». Saint Etienne : « Ils ont massacré ceux qui prédisaient la venue du Juste, que vous, vous avez livré et assassiné ». Les fidèles du Juste, ce sont les « saints ». Ananie répond au Seigneur : « Seigneur, j’ai entendu dire à beaucoup de gens tout le mal que cet homme (Saul) a fait aux saints de Jérusalem » et se tournant vers Saul : « le Dieu de nos pères t’a prédestiné à connaître sa volonté, à voir le Juste… ». Saint Pierre à Lydda descend aussi chez les « saints », et dans les épîtres de saint Paul, les « saints » désignent habituellement les fidèles de la communauté de Jérusalem, qui ont fait vœu de pauvreté (ce sont aussi les « pauvres » ou « ébionim » et pour lesquels il faut quêter dans les autres églises.
Si l’on refuse cette identification, il faudra bien expliquer adéquatement le silence de tout le « Nouveau Testament » sur les Esséniens. » (p.25-27)
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Dans les manuscrits de Qumran, le Maître de Justice, le Prêtre impie et l’homme de mensonge ne sont jamais désignés par leur nom propre, mais toujours par des périphrases. Et cependant l’ensemble du texte présente des personnages ayant réellement existé, énumère leurs faits et gestes. Il s’agit de textes historiques et non d’un enseignement figuré ou allégorique. Ce procédé est donc bien intentionnel. Il s’agit de ne pas dévoiler en dehors de la communauté l’identité réelle de ces personnages.
Flavius Josèphe nous dit que les Esséniens ne désignaient jamais leur législateur : « Après le nom de Dieu, celui du Législateur est chez eux particulièrement vénéré. Qui le blasphème est puni de mort ». Pendant la guerre des Romains, en 70, ils ne le révélèrent même pas sous la torture. Ce que Josèphe dit des Esséniens s’applique très exactement, s’il en était besoin, aux disciples du Maître de Justice quoi n’ont jamais écrit son nom propre parce qu’ils le considéraient comme divin. Philon dit, en parlant des Esséniens : « notre législateur » ; il se considère donc comme membre de la communauté. Mais ce qui est digne de remarque, c’est que ni l’un ni l’autre n’ont révélé son nom : le secret fut bien gardé. (p.41)
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Il se trouve que les mêmes observations [récupérer les manuels hérétiques pour les détruire soit par le feu, soit en les enterrant dans un lieu inaccessible, protégé par le caractère inviolable des cimetières] peuvent se faire à propos de Qumran.
1) Les manuscrits ont été déposés dans des grottes creusées à même le cimetière (grotte 4 par exemple), puis dans des trous inaccessibles aux environs immédiats du cimetière. On n’a pas trouvé le moindre manuscrit dans les ruines du bâtiment qui devait servir de logement aux « fossores » chargés d’entretenir le cimetière.
2) Les manuscrits présentent eux aussi un caractère hétéroclite : extraits de l’Ancien Testament [qui auraient été placés là car en mauvais état, et donc désormais inaptes à la lecture], écrits apocryphes variés, manuels de droit (Manuel de discipline) ou de règles religieuses, mêmes des écrits de Philon, comme en ont trouvé les Caraïtes au IXème siècle, etc.
3) Il faut noter, à partir du IIIème siècle, la présence d’un monastère chrétien dans les monts de Juda, éloigné d’environ une dizaine de kilomètres du cimetière de Qumran […] : le monastère de « mar Saba ». Des Bédouins ont ramené quelques fragments de manuscrits tirés des décombres de ce monastère, le « Quirbeth Mird », parmi lesquels on a trouvé des extraits des Evangiles.
Il faut aussi ajouter une précision à propos des apocryphes de l’Ancien Testament : Livre des Jubilés, Livre d’Enoch, Testament des 12 Patriarches, Psaumes de Salomon, Hodayoths divers, etc. Ils n’étaient pas reconnus par les autorités rabbiniques.
Ils ont été connus d’abord par des versions syriaques, arméniennes, coptes, éthiopiennes utilisées dans les églises chrétiennes locales [les plus anciennement fondées, et donc ayant gardé nombre de traditions judéo-chrétiennes], à une époque où elles ne respectaient pas un « canon » de livres reconnus inspirés. Les fragments de Qumran en sont les plus anciens textes connus. Certains présentent des caractères nettement chrétiens, comme les Testaments des 12 Patriarches, le Livre d’Enoch…
Serait-il invraisemblable de concevoir que des moines chrétiens aient rassemblé de vieux manuscrits déclarés apocryphes par les autorités religieuses au cours des premiers siècles de l’Eglise et les aient déposés dans ces grottes au fur et à mesure qu’ils en trouvaient, gardant secret l’endroit du dépôt pour ne pas donner aux hérétiques curieux l’idée d’aller les récupérer ? Une contre-épreuve pourrait être faite : on n’a jamais trouvé à Qumran le moindre extrait d’un ouvrage canonique du Nouveau Testament ; par contre on en a trouvé au Quirbeth Mirb », non dans un cimetière, mais dans les ruines d’un bâtiment monastique voisin (p.58-60).
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