Sur la FSSPX, Mgr Müller monte d'un cran et baisse d'un cran simultanément par Athanase 2014-01-13 12:01:27 |
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Les propos de Mgr Müller sont assez paradoxaux sur la FSSPX et traduisent une attitude ambivalente de la part des autorités officielles dans l'Eglise. Il est à la fois moins sévère sur le plan doctrinal en reprochant à la FSSPX de ne pas accepter le concile, non parce qu'il constitue une nouveauté, mais parce qu'il serait entièrement "traditionnel" (l'opposition de la FSSPX serait alors dépourvue de sens); mais, de l'autre, sa sévérité est accrue parce que, pour la première fois, on parle ouvertement de schisme. A titre d'exemple, Jean-Paul II avait été très évasif sur la question, tant dans ses actes à l'égard du 30 juin 1988 que dans sa "politique" qui suit les sacres (de 1988 à 2000). Hormis le décret d'excommunication du 1er juillet 1988, il ne semble pas que le pape Jean-Paul II ait éprouvé l'envie trépidante de mettre en cause la FSSPX. Mieux: les différents responsables du ossier ont préféré parler de "communion imparfaite" (le cardinal Hoyos, je crois). D'autres autorités, comme le cardinal Cassidy, ont parlé d'affaire interne à l'Eglise (en 1994, si ma mémoire est bonne).
D'un côté, Mgr Müller baisse d'un cran quand il intègre et fait absorber le concile dans la Tradition: il ne peut y avoir de contrariété, puisque le concile, c'est la Tradition ! C'était, in fine, la position de Benoît XVI dans son discours du 22 décembre 2005 (l'"herméneutique de la continuité"). Il ne parle plus, comme feu le Cardinal Benelli, d'"Eglise conciliaire" ou de concile qui serait, sur certains points, plus important que Nicée (lettre de Paul VI à Mgr Lefebvre de 1976).
De l'autre, Mgr Müller semble aller plus loin que l'irrégularité canonique dont la FSSPX est affublée; irrégularité ne signifie pourtant pas schisme tout simplement parce que la désobéissance n'est pas synonyme de ce dernier. Benoît XVI semblait professer une thèse de ce genre lorsqu'il dit que les membres de la FSSPX n'exerçaient aucun "ministère légitime" (lettre aux évêques de mars 2009). Or, Mgr Müller ne dit plus que la FSSPX est dans une "communion imparfaite" ou dans une situation irrégulière: il affirme que « L’excommunication canonique des évêques pour les ordinations illégales a été révoquée, mais il reste celle (l’excommunication) sacramentelle, de facto, pour le schisme ; ils se sont éloignés de la communion avec l’Eglise. Après quoi nous ne fermons pas la porte, jamais, mais nous les invitons à se réconcilier." On passe, cette fois-ci, de la communion imparfaite au schisme. Il y a bien un changement de ton. En 2006, le Cardinal Hoyos parlait de communion imparfaite, mais pas de schisme. C'est dire le changement de ton.
Cela signifie-t-il que Mgr Müller joue sur deux tableaux ? D'un côté, il faut rassurer tous ceux qui estiment que Vatican II a entériné une rupture; d'ailleurs, pour la nouvelle génération épsicopale et sacerdotale qui n'a pas connu le concile, Vatican II n'est pas une nouveauté. Mais, de l'autre, il faut aussi rassurer tous le personne ecclésiastique qui n'apprécie guère les remontrances de la FSSPX et souhaiterait employer la manière forte. Il existe, qu'on le veuille ou non, une hostitlité à la FSSPX.
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