quels sont les fondements de cette règle?
La justice.
Si le prêtre convient avec quelqu'un de célébrer une messe à ses intentions, il ne peut pas convenir avec un autre de faire autant en ne célébrant qu'une seule et même messe.
Le droit est très clair sur ce point:
Can. 828. Tot celebrandae et applicandae sunt Missae, quot stipendia etiam exigua data et accepta fuerint.
Il faut célébrer et appliquer autant de messes que d'honoraires, mêmes petits, ont été donnés et acceptés.
Le fait d'accepter un honoraire pour une messe, ou une commande de messe même sans honoraire, oblige en justice de célébrer cette même une (1) messe.
Quant à la concélébration, certains moralistes (comme Vermeersch) admettent que tous les participants (
consecrator cum consecrato,
neo-sacerdotes cum ordinante, l'évêque consacrant ou ordinant, ainsi que les néomystes et le nouvel évêque consacré) puissent prendre un honoraire pour leur messe. Comme le cas se présente assez peu (je ne parle pas du NOM qui n'est pas la messe de toute façon), je ne saurais en dire plus. Je crois que ce n'est pas la coutume.
Le cas de la concélébration est assez compliqué, même si on peut admettre sa possibilité (avec saint Thomas,
Summa Theol., III, 82, 2, lire aussi le commentaire de Cajétan).
Il faut distinguer concélébration cérémonielle ou liturgique (comme partiellement dans l'antiquité, en dans une certaine mesure aussi dans notre messe avec lévites, ce qui comporte aussi une certaine association aux paroles prononcées par le célébrant principal) et concélébration vraiment sacramentelle, fait plus rare.
Personnellement je crois pour avoir une vraie concélébration sacramentelle il faut que les célébrants fassent aussi tous l'oblation à l'offertoire des mêmes oblats à consacrer par eux (et donc au moins moralement présents sous leurs yeux), pour maintenir l'unité morale du sacrifice, car la consécration de la
materia proxima du sacrement (le pain et le vin
offerts, donc soustraits à l'usage profane) ne saurait se faire "en l'air", ou sur une matière pas prévue et offerte auparavant à cette intention (
oblatio saltem mente concepta dit le
Ritus servandus).
L'Eglise n'a jamais défini en quoi précisément (en quelle(s) partie(s) de la messe) consiste plus particulièrement son caractère sacrificiel. Elle a défini ce dernier en général et elle a établi en degrés divers les conditions pour la validité du sacrement (ici:
verba Salvatoris quibus hoc confecit sacramentum), mais c'est autre chose. Sacrifice et sacrement se rejoignent et se conditionnent mutuellement (l'un ne saurait exister sans l'autre) mais leur conditionnalité n'est pas forcément identique.
Il faut se tenir à cela pour le moment.