C R E D O : Chapite XIX - Succès réel par Castille 2013-10-27 20:59:43 |
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CHAPITRE XIX - SUCCÈS RÉEL
I- Le Christianisme n’agit pas seulement à la surface, il pénètre dans les profondeurs de l’humanité. Sous son action, les cœurs les plus amollis se retrempent ; les vices les plus enracinés font place à des vertus solides. L’humilité détrône l’orgueil ; la douceur et le pardon des injures, la vengeance et la cruauté ; et dans ce monde, où, la veille encore, Auguste n'avait pu trouver sept Vestales, germe un peuple de Vierges.
II- Les idées subissent un changement analogue. Aux erreurs grossières, aux tâtonnements éternels sur Dieu et sur la Providence ; sur l’homme, sa nature et ses destinées ; sur le monde, son origine et le but de son existence, succèdent des connaissances si complètes et si précises, qu’elles font encore aujourd’hui toute la supériorité des nations chrétiennes sur le monde païen. Poussant plus loin son influence salutaire, la Religion nouvelle modifie toutes les lois du genre humain, dans l’ordre religieux, politique, civil et domestique.
III-Dans l’ordre religieux. D’un pôle à l’autre, les innombrables divinités qui buvaient le sang des hommes et qui s’honoraient de leurs crimes, sont renversées de leurs autels. L’unité de Dieu brille sur le monde, comme le soleil levant sur la nature. De sa pure et vive lumière, ce dogme éclaire, embellit, vivifie l’humanité.
IV- Dans l’ordre politique. Grâce à la doctrine de Jésus de Nazareth, les peuples cessent de voir des ennemis dans les étrangers. La maxime sauvage : malheur aux vaincus, vae victis, est effacée des enseignes militaires et oubliée des vainqueurs. A la loi de haine, antique base des sociétés païennes, succède la loi de charité, qui fait de tous les hommes les membres de la même famille.
V- Dans l’ordre civil. Aboli de droit par la promulgation du Christianisme, l’esclavage est aboli de fait, aussitôt que les circonstances le permettent. En attendant, l’esclave n’est plus regardé comme une chose, dont il est permis d’user et d’abuser ; comme un être d’une nature inférieure, qu’on outrage sans pitié ; qu’on crucifie pour une caille échappée de sa cage, ou qu’on fait dévorer par les murènes, pour une assiette cassée. Il n’est pas jusqu’au pauvre, objet de haine et de mépris universel, qui ne devienne un être chéri, un être sacré pour lequel se bâtissent des palais, et à qui le riche donne son or pour le nourrir, ses fils pour le protéger, ses filles pour le soigner, lui-même, enfin, pour le servir.
VI- Dans l’ordre domestique. Rappelé à sa dignité première, que dis-je ? À une dignité plus haute, le mariage est sanctifié dans l’acte même qui le constitue, comme dans tous les devoirs qu’il impose. Les deux chancres des sociétés païennes, la polygamie et le divorce, autorisés par toutes les législations antiques, deviennent un double crime. Reconstruite sur la base de l’unité et de l’indissolubilité, la famille reprend sa vigueur et sa noblesse. Le père cesse d ‘être un despote, la femme une esclave, l’enfant une victime.
C R E D O ou LE REFUGE DU CHRÉTIEN DANS LES TEMPS ACTUELS
par MGR GAUME,
PROTONOTAIRE APOSTOLIQUE, DOCTEUR EN THÉOLOGIE. PARIS, GAUME FRÈRES, 1867.
Domine, salva nos : perimus.
Seigneur, sauvez-nous : nous périssons,
Matth., VIII, 25
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