CREDO ou le Refuge du Chretien par les temps actuels par Castille 2013-10-21 21:40:46 |
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CHAPITRE XIII - DIXIÈME DIFFICULTÉ : LES PROGRÈS DU CHRISTIANISME
I- Il n’est pas jusqu’aux progrès du Christianisme qui ne deviennent des obstacles à sa propagation et une menace perpétuelle à son existence. Parmi ceux qui écoutent les Galiléens, les uns, dociles à la grâce, embrassent la vérité ; les autres s’obstinent dans l’erreur.
II- Les enfants deviennent chrétiens, les parents demeurent païens. Les esclaves baptisés refusent de servir de jouet aux abominables caprices de leurs maîtres ; les acheteurs d’idoles, de victimes et de parfums ne paraissent plus chez les marchands dont ils faisaient la fortune.
III- Les familles se divisent ; les liens du sang sont méconnus. Le frère dénonce son frère ; le père, son fils ; l’époux, son épouse ; le maître, son esclave ; l’ami, son ami. Les relations sociales sont altérées ou rompues. Peu à peu les villes et les bourgades forment deux camps armés l’un contre l’autre. Ces dissensions intestines retentissent au dehors. Portées devant les tribunaux, elles passionnent le public en sens contraire et provoquent des explosions de haine et des malédictions contre leurs doctrines.
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CHAPITRE XIV - ONZIÈME DIFFICULTÉ : LES PERSÉCUTIONS
I- Comme les flots de la mer dans un jour de tempête, s’élèvent jusqu’au sommet des rochers qui bordent le rivage ; ainsi cette masse de calomnies, d’accusations, de querelles et de divisions particulières monte jusqu’au trône impérial, sur lequel sont assis les Néron, les Domitien, les Dèce, les Dioclétien.
II- Pour eux, c’est désormais un fait acquis. Le Christianisme est un élément de discorde, une secte malfaisante ; les Chrétiens des perturbateurs qui compromettent la tranquillité publique et la prospérité de l’empire ; des impies qui provoquent la colère des dieux, dont le culte est la garantie de la domination éternelle de Rome. Si les barbares menacent les frontières, si les légions impériales essuient un échec, si le Tibre déborde, si le ciel refuse ses pluies, si la terre tremble, si la disette se fait sentir, si la peste vient : les Chrétiens en sont responsables.
III- Alors sont ordonnées ces persécutions fameuses, ces massacres en masse que tout le monde connaît et qui devaient, mille fois pour une, étouffer la nouvelle religion dans le sang de ses disciples. Dans un temps où l’on se faisait un jeu de la vie des hommes, où les tourments les plus atroces étaient les plus recherchés par les spectateurs, ni le rang, ni l’âge, ni le sexe ne sont épargnés. Les supplices ordinaires paraissent trop doux pour ceux que l’on regarde comme les ennemis des dieux et de l’état. On invente, ou l’on renouvelle des tortures qui font frémir.
IV- Les Chrétiens sont battus de verges, appliqués aux tortures, écorchés avec des ongles d’airain. On les déchire par le fer, on les consume par le feu ; on les cloue sur des croix. On se fait un jeu barbare de les voir mettre en pièces par des chiens, dévorer par des lions. Ils sont couverts de lames embrasées, assis sur des chaises ardentes, plongés dans l’huile bouillante, brûlés à petit feu. On les brise sous des meules, on les coupe par morceaux. On les enterre tout vivants. Dans leur corps couverts de blessures, on ne déchire plus que des plaies. On ménage avec cruauté les moments qui leur restent à vivre. On choisit parmi les supplices ceux qui les font mourir plus lentement. On les guérit par des soins barbares, pour les mettre en état de souffrir de nouveau.
V- La pitié est éteinte pour eux dans le coeur des hommes. On applaudit à leurs supplices par des cris d’allégresse. La mort même ne les met point à l’abri de leurs persécuteurs. On s’acharne sur les tristes restes de leurs corps. On les réduit en cendres, on les précipite dans les fleuves, on les jette au vent pour les anéantir, s’il était possible. Rome s’enivre de leur sang, elle en fait couler des fleuves, et la haine qu’on leur porte n’est point satisfaite.
VI- Comme un vaste incendie, la persécution une fois allumée dans la capitale se communique de proche en proche. Elle s’étend, jusqu’aux extrémités de l’empire, alors presque aussi étendu que le monde. Ce n’est pas une persécution de quelques jours, c’est par siècles qu’il faut compter le temps des souffrances de la religion nouvelle. On ne peut la suivre, pendant trois cents ans, qu’à la trace du sang qu’elle répand et à la lueur des bûchers qu’on allume contre elle.
VII- A la persécution du sang on joint celle des caresses, on s’efforce de séduire ceux qu’on n’a pu vaincre. Richesses, honneurs, dignités, plaisirs, faveurs du prince, on promet tout pour gagner des hommes sourds à la douleur, contre qui les tourments s’émoussent et pour qui la mort n’a point d’aiguillon. C’est ainsi que tout est mis en oeuvre pour anéantir le nom chrétien.
VIII- Remettez-vous devant les yeux les difficultés que nous venons d’indiquer ; puis, donnant un libre essor à votre imagination, dites si vous connaissez une tentative plus gigantesque, une entreprise plus impossible que l’établissement du Christianisme ?
C R E D O
ou LE REFUGE DU CHRÉTIEN DANS LES TEMPS ACTUELS
par MGR GAUME,
PROTONOTAIRE APOSTOLIQUE, DOCTEUR EN THÉOLOGIE. PARIS, GAUME FRÈRES, 1867.
Domine, salva nos : perimus.
Seigneur, sauvez-nous : nous périssons,
Matth., VIII, 25
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