CREDO ou le Refuge du chretien par les temps actuels par Castille 2013-10-21 00:00:03 |
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CHAPITRE X - SEPTIÈME DIFFICULTÉ : LES HÉRÉTIQUES.
I- Poursuivi par la haine universelle, le Christianisme n’avait de ressource que dans l’étroite union de ses membres. Tout à coup un obstacle, le plus fâcheux peut-être, se forme au sein même de la nouvelle religion.
II- La division se met parmi les chrétiens : les hérétiques paraissent. A quelques pas du cénacle, d’où le Christianisme venait de sortir, ils élèvent autel contre autel. Du vivant même des apôtres, ils altèrent la doctrine du Maître, dont ils vont jusqu’à nier la divinité. Par leur révolte, ils affaiblissent l’autorité des pasteurs dans l’esprit des néophytes. Par leurs histoires pleines de faussetés, ils ébranlent l’authenticité des Évangiles. Par leurs moeurs, plus encore que par leurs discours, ils prêchent des erreurs monstrueuses, qui donnent naissance à des sectes abominables.
III- Ces sectes pullulent comme l’ivraie. En moins d’un siècle, il en surgit plus de quatre-vingts. En Asie, en Europe, en Afrique, on les rencontre partout. La nouvelle religion ne peut faire un pas, sans qu’elles se mettent à sa suite pour la décréditer. Les savants, les hommes du peuple, les femmes surtout et même des diacres et des prêtres, en sont les auteurs, ou en deviennent les plus ardents propagateurs. Profitant de cette division, les Juifs et les Païens répètent, de concert, que les Chrétiens ne méritent aucune confiance, puisqu’ils s’accordent si mal entre eux. De fait, quel moyen de s’en rapporter à des prédicateurs dont les uns disaient oui et les autres non ? L'indifférence et le mépris étaient tout ce qu’on pouvait leur accorder.
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CHAPITRE XI - HUITIÈME DIFFICULTÉ : LES PHILOSOPHES.
I- A la suite des hérétiques viennent les philosophes, juifs et païens. Jamais ils ne furent si nombreux ni si hostiles à la vérité. Prêtant une oreille attentive, ils recueillent tous les bruits qui courent sur le compte des Chrétiens. Ils s’informent curieusement de ce qui se passe dans la nouvelle religion ; et, confondant à dessein les vrais fidèles avec les hérétiques, ils imputent au Christianisme des erreurs qu’il condamne et des abominations qu’il réprouve. Les Ecritures même et les apologies n’échappent point à leurs recherches.
II- Armés de toutes pièces, ils se mettent en devoir de prouver, dans des écrits publics, que tous les bruits sont fondés ; que les Chrétiens sont réellement des athées, également ennemis des dieux et des empereurs, en un mot, des scélérats tels que la renommée les présente ; que leurs doctrines sont un fatras de rêveries, de contradictions et d’impiétés. Citations, sarcasmes, raisonnements, érudition, Éloquence, génie même, rien ne manque à leurs ouvrages.
III - Aucune objection n’est oubliée, si bien qu’à partir du quatrième siècle, les plus habiles ennemis de la religion n’ont pu en trouver une nouvelle. La cause est jugée. Le peuple, toujours habitué à croire sur la parole des sages, s’affermit inébranlablement dans son opinion à l’égard des Chrétiens. Cette opinion, il la résume par le mot sanguinaire, qui retentit pendant plusieurs siècles aux quatre coins du monde : Les Chrétiens au lion, Christianos ad leonem.
C R E D O
ou LE REFUGE DU CHRÉTIEN DANS LES TEMPS ACTUELS
par MGR GAUME,
PROTONOTAIRE APOSTOLIQUE, DOCTEUR EN THÉOLOGIE. PARIS, GAUME FRÈRES, 1867.
Domine, salva nos : perimus.
Seigneur, sauvez-nous : nous périssons,
Matth., VIII, 25
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