Une remarque, à propos de la polarisation sur le Concile. par Scrutator Sapientiæ 2013-07-21 09:34:31 |
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Bonjour et bon dimanche, Alonié de Lestre.
(Je m'exprime ici VOLONTAIREMENT indépendamment de la vidéo vers laquelle vous nous renvoyez)
Voici une remarque, à propos de la polarisation sur le Concile.
1. Dans l'ensemble, si bon nombre des clercs qui dirigent l'Eglise n'ont pas été trompés, en amont ou au moment du Concile, ne se sont pas trompés, au moment ou en aval du Concile, ne se trompent pas ou ne nous trompent pas, depuis la clôture du Concile, il n'y a aucune raison pour qu'ils le reconnaissent un jour, donc pour qu'ils disent un jour : "eh bien oui, nous avons été trompés, nous nous sommes trompés, nous vous avons trompés."
2. Globalement, si bon nombre des clercs qui dirigent l'Eglise ont été trompés, en amont ou au moment du Concile, se sont trompés, au moment ou en aval du Concile, se trompent ou nous trompent, depuis la clôture du Concile, il y a de nombreuses raisons pour qu'ils ne le reconnaissent jamais.
3. Voici quelques-unes de ces nombreuses raisons
- l'adhésion, l'ambition, l'amnésie, l'intérêt, l'obstruction, l'unité,
- l'orgueil, la paresse, l'incohérence, l'inconscience, l'inconséquence, l'inconsistance,
- l'ignorance, la négligence, l'incompréhension ou l'incuriosité, face aux origines et aux conséquences,
- la volonté de confusion, en soi-même et chez les autres, entre coexistence et autocensure, entre sincérité et véracité, entre vérité et consensus, entre charité et sympathie,
- la volonté de soumission, de soi-même et des autres, à l'adogmatisme oecuméniste, à l'ambivalence pusillanime, au consensualisme fraternitaire, au solidarisme spiritualisme,
- la volonté de soumission, du Concile et de l'Eglise, à l'adaptation, à l'évolution, à l'innovation, à l'angélisme, à l'irénisme, à l'utopisme.
4. Je ne veux pas dire par là que le combat est d'autant moins digne d'être mené qu'il est perdu d'avance, mais je veux dire que le climat mental, l'état d'esprit, qui sont à l'origine des approximations, contre-vérités, falsifications, inexactitudes, etc, qui fragilisent l'Eglise catholique, depuis, au moins, le début des années 1950, sont globalement préexistants à la décision de Jean XXIII, fin janvier 1959, de réunir un Concile.
5. Même si, évidemment, ce climat mental, cet état d'esprit, étaient encore embryonnaires et minoritaires, ils bénéficiaient déjà d'une dynamique ascendante, d'une montée en puissance, et d'une volonté de puissance.
6. Je vous renvoie ici à cette phrase extraordinaire de Jacques DUQUESNE (né en 1930) : " Nous avions vingt ans et nous voulions changer le monde, mais nous nous sommes rendus compte que cela n'allait pas être possible. Alors nous nous sommes dit : eh bien, nous allons changer l'Eglise. "
7. Ce que je viens de rédiger ne signifie pas que je sous-estime la part d'ambiguité, d'aveuglement, d'imprécision ou d'incomplétude, qui est présente, ou peut légitimement être considérée comme étant présente, "à même le texte", dans telle ou telle constitution ou déclaration "pastorale" (id est : consensuelle) de Vatican II.
8. Ce que je viens de rédiger signifie simplement que la polarisation sur le Concile Vatican II risque de faire oublier qu'à l'origine de la situation actuelle, il y AUSSI une praxis langagière et messagère, qui n'est pas née au moment du Concile, même si elle est sortie renforcée, et non affaiblie, au moment puis en aval, à cause ou malgré, au contact ou au moyen, d'une partie du Concile et de l'après-Concile "officiels".
Merci beaucoup pour toute remarque ou suggestion, même critique, bon dimanche ou à bientôt.
Scrutator.
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