Vous relisant... j'ajoute(rais)! par Bertrand Decaillet 2013-02-23 09:25:52 |
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Vous relisant - et si vous permettez, tout en soulignant l'immense mérite de "Présent" qui, seul (ou presque, du moins à sa manière), rame à contre-courant - je trouve que ça fait quand même beaucoup de conditionnels dans cet article.
Est-ce bien utile de remplir un papier de ... conditionnels? Question d'autant plus pertinente que votre lecteur (le lecteur moyen universel) est un patient gravement atteint désormais d'une perte de goût systématique pour le réel, plus, d'une attirance compulsive pour le non-réel. Les conditionnels nourrissent complaisamment sa pathologie.
L'autre article auquel vous vous référez, celui du "bienveillant" Guénois m'a, quant à moi, parut terriblement nocif, dans la mesure même où il va plus loin, il passe outre même la prévention du conditionnel. Un cran plus loin dans l'irréel, en somme: il affirme ce qui n'est pas. Et cela ne peut vous avoir, à vous non plus, échappé, même si vous avez mille fois raison d'être vous-même bienveillante. On a toujours raison de l'être.
Ne faudrait-il pas inventer un presse qui serait non pas la réplique, ou le contre-courant..., mais un cran au-dessus de la mêlée? Pour faire simple: une presse intelligente?
Mais c'est trop simple.
Disons mieux : une presse catholique (quant à la forme), qui ne parle pas pour parler (vendre dans le pire des cas, convaincre dans le "moins pire"), qui respecte le réel, qui respecte les gens, qui respecte les âmes, qui respecte le mot et son dévouement à l'entendement, qui respecte Dieu et son immense silence autour de sa Parole essentielle.
Je sais bien, c'est facile à dire... et encore une fois, bravo à Présent!
Mais je rêve (au conditionnel) d'un medium (de media) catholique et exemplaire du catholicisme (non tellement quant au fond que quant à la forme, à la manière, une manière profondément catholique, évangélique), qui apparaisse comme une immense leçon de savoir-dire, face à (au-dessus de) la meute des destructeurs professionnels ausi bien de parole et que de silence, un medium qui aurait la saveur du sermon sur la montagne, quant à la forme bien sûr - pour le fond ce n'est certes pas au journalisme qu'en incombe l'office, on est d'accord.
Mais peut-être y a-t-il une contradiction frontale entre journalisme (qui rester un royal bâtard de la démocratie...) et l'esprit évangélique? Peut-être est-ce la poésie qu'il faudrait réinventer, et rendre à ce mot sa dignité essentielle qui ne fut pas de "divertir" le bourgeois, mais bien d'"informer" les âmes, informer au sens philosophique, rendre une forme au réel - sa forme- , restituer une forme qu'une intelligence déchue, noircie par le péché, un coeur abîmé par des affections mortifères et à la pesanteur déséquilibrée, ne sait plus retrouver spontanément... dans le vrai.
Rien à voir, et pourtant. Je lisais hier ce mot dans la grand Thérèse:
Je me demandais un jour pour quelle raison Notre-Seigneur était si ami de la vertu d'humilité. Et, à un moment où je n'y p'ensais plus, ce me semble, il me vint tout à coup l'idée suivante: c'est parce que Dieu est la suprême Vérité, et que l'humilité consiste à marcher selon la vérité. (Château intérieur, VIe Demeure, ch. X)
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