C'est ça diluez, éludez ... par Lamy 2012-06-06 10:34:52 |
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Ca vaudra mieux que de s'attaquer au fond.
Ce que vous appelez "une occasion qui ne se représenterait pas" est doublement faux.
D'abord ce n'était pas une occasion de restauration, ça en avait certes certaines apparences mais le fond (l'essentiel) manquait pour une restauration solide. C'est l'analyse que fit le comte de Chambord, et que confirmèrent le cardinal Pie et Maurras. Vous avez droit de le réfuter mais à coup d'arguments, pas d'humeurs.
Ensuite contraîrement à une idée reçue : bien sûr que si : l'Histoire repasse les plats, elle ne fait même que ça, à son rythme certes. Puisque vous aimez Maurras (j'insiste !!) il a aussi dit "tout désespoir en politique est une sottise absolue".
Maintenant, sur votre basse attaque ad-hominem : pourquoi diable m'interdirais-je de lire la littérature d'après 1905 ? En particilier sur le Comte de Chambord donc l'actualité littéraire est assez vigoureuse ces dernières années avec la publication de deux biographies (de Daniel de Montplaisir et de Georges Poisson) et du journal intime retrouvé du Comte de Chambord par Philippe Delorme. Tous ces auteurs étant, avec Patrick Guibal, comissaire de l'exposition sur la Duchesse de Berry, des proches amis (et pour certains contributeurs occasionnels) du site www.comtedechambord.fr que j'ai monté et dont je suis le rédacteur en chef.
Enfin sur Maurras : facile de critiquer sa catholicité, mais qui êtes-vous pour sonder son âme ? Ce n'est pas parce qu'il a eu l'honnêteté d'exprimer ses doutes qu'il était un mauvais chrétien, en outre il est mort saintement. Mais de toutes façon, fut-il l'agnosqique que vous vous plaisez à rappeler, en quoi cela altère-t-il son jugement politique et son érudition ?
Moi, m'est avis qu'un homme de son parcourt qui est capable d'écrire ce poème au soir de sa vie, ne mérite pas votre lapidaire "Et dans le genre catholique, on a fait mieux que Maurras... ". (d'ailleurs on est tenté de vous répondre : "Ah ? Et en tant que politique, on fait mieux peut-être ? Qui ?").
Seigneur, endormez-moi dans votre paix certaine
Entre les bras de l'Espérance et de l'Amour.
Ce vieux coeur de soldat n'a point connu la haine
Et pour vos seuls vrais biens a battu sans retour.
Le combat qu'il soutint fut pour une Patrie,
Pour un Roi, les plus beaux qu'on ait vus sous le ciel,
La France des Bourbons, de Mesdames Marie,
Jeanne d'Arc et Thérèse et Monsieur Saint Michel.
Notre Paris jamais ne rompit avec Rome.
Rome d'Athène en fleur a récolté le fruit,
Beauté, raison, vertu, tous les honneurs de l'homme,
Les visages divins qui sortent de ma nuit :
Car, Seigneur, je ne sais qui vous êtes. J'ignore
Quel est cet artisan du vivre et du mourir,
Au coeur appelé mien quelles ondes sonores
Ont dit ou contredit son éternel désir
Et je ne comprends rien à lêtre de mon être,
Tant de Dieux ennemis se le sont disputé!
Mes os vont soulever la dalle des ancêtres,
Je cherche en y tombant la même vérité.
Ecoutez ce besoin de comprendre pour croire !
Est-il un sens aux mots que je profère ? Est-il,
Outre leur labyrinthe, une porte de gloire ?
Ariane me manque et je n'ai pas son fil.
Comment croire, Seigneur, pour une âme que traine
Son obscur appétit des lumières du jour ?
Seigneur, endormez-la dans votre paix certaine
Entre les bras de l'Espérance et de l'Amour.
Clairvaux, juin 1950.
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